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Nouveau suivi pour traiter l'anorexie mentale

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L'Unité Adolescent de l'hôpital Erasme propose un nouveau traitement de l'anorexie mentale : une application mobile pour collecter les données sur la prise d'aliments et un temps de repos après le repas.


Changement de méthode pour le traitement de l'anorexie mentale à l'hôpital Erasme. En s'inspirant de l'approche développée au Karolinska Institute de Stockholm (Suède), l'Unité Adolescent de l'hôpital bru­xellois entend poser l'attention sur l'importance de la prise de nourriture et du repas dans le traitement de ce trouble de la conduite alimentaire : "Quand un patient arrive sous un certain indice de masse corporelle (IMC), il est beaucoup trop focalisé sur son poids ou sa taille que pour pouvoir poser des mots sur ce qui l'a amené à ce trouble alimentaire. Les spécialistes ont donc pris le parti de commencer par le rééduquer à manger plutôt que par une prise en charge psychiatrique classique", développe Marie Delhaye, directrice du service de Pédopsychiatrie de l'hôpital Erasme.
Dans un premier temps, l'application "Mandometer" va enregistrer le poids de l'assiette durant les repas et collecter les données sur le smartphone. Une fois le repas terminé, le patient va indiquer son niveau de satiété. Un nutritionniste va ensuite ajuster les repas selon les informations collectées. Outre l'adaptation de l'assiette, l'objectif voulu par l'unité est de rendre compte de l'évolution après chaque repas.

La méthode suédoise prévoit également un temps de repos après le moment du repas. Le but ? Prévenir l'angoisse liée au moment de la prise d'aliments, fréquente chez les pati­ents. "Nous proposons dorénavant aux patients un temps de repos dans leur chambre sous une couverture chauffante, qui favorise la détente. Ce qui a également l'avantage de limiter au maximum le recours au médicament", poursuit la directrice.
Entrée en vigueur depuis le début des années 2000 dans la clinique suédoise, cette méthode affiche des résultats positifs. Les études indiquent une diminution du taux de récidive de 25 à 50% sur une période de cinq ans.