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Les seniors face à l'effort physique

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De récentes études tendent à prouver que pratiquer des efforts physiques de forte intensité mais de brève durée, entrecoupés de courtes périodes de récupération, serait la formule gagnante pour entretenir sa forme, y compris pour les plus âgés.


La méthode est bien connue des sportifs qui l’utilisent pour améliorer leurs performances. Elle a d’ailleurs un nom : le HIIT, acronyme anglais pour high intensity interval training. Pourles personnes dont l’activité physique est faible, voire nulle, monter ainsi dans les tours peut sembler a priori contre-indiqué. Pourtant, moyennant certaines adaptations  et précautions d’usage (comme un test à l’effort préalable), il apparaît que ce type d’exercice est idéal pour se réadapter à l’activité physique, et convient parfaitement aux seniors.

C’est la conclusion d’une étude américaine menée auprès de 39 volontaires âgés de 50 à 68 ans. Durant huit semaines, au rythme de trois séances hebdomadaires, ceux-ci se sont entraînés sur des ergocycles (vélos d’intérieur) à piquer des sprints de quatre secondes seulement, avec des temps de récupération de plus en plus courts au fil des séances (de 56 à 26 secondes). Résultatdes courses (si l’on peut dire) : une augmentation de la masse musculaire de 3,7% et une capacité cardio-respiratoire accrue, avec notamment une élévation de prèsde 10 % du pic de consommation d’oxygène. Un effet très positif, puisque d’autres recherches indiquent que ce taux de consommation d’oxygène a tendance à baisser d’1% par an en moyenne, passé la trentaine.

Ces bénéfices ont été confirmés par le docteur Walid Bouaziz qui, dans le cadre de sa thèse, a soumis trente personnes de plus de septante ans à un programme d’entraînement similaire. Il a réalisé par la suite une méta-analyse, regroupant les conclusions d’une quinzaine d’études sur ce sujet. Toutes tendent à démontrer une influence positive sur la santé des participants. "Le HIIT est un type d’entraînement très rentable sur le plan performance e tsanté, résume le cardiologue du sport François Carré, du CHU de Rennes. Avec des efforts brefs, on sollicite davantage les muscles périphériques que le cœur, ce qui permet d’augmenter plus rapidement la VO2 max (NDLR : capacité maximale de l’organisme à inhaler, transporter et utiliser l’oxygène au cours d’un effort intense pour libérerde l’énergie) qu’ avec un entraînement continu. De plus, c’est ludique, moins chronophage, et on peut l’appliquer à beaucoup de disciplines : course, vélo, rameur, natation...".


Source : “L’entraînement intense et fractionné redonne du souffle aux seniors”, Sandrine Cabut, Le Monde, 3 février 2021.