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Abus d'alcool : attention au déconfinement   

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Le confinement a remis sur le devant de la scène la problématique de l’alcool. Aujourd’hui, avec le déconfinement, la population est une nouvelle fois confrontée à des mesures modifiant son quotidien. Le projet transfrontalier SATRAQ tire la sonnette d'alarme et propose d’agir.


Développé cette année et courant jusqu'en 2022, SATRAQ  (pour "Sensibilisation et action transfrontalière pour une réduction de la consommation de l'alcool au quotidien") est un projet transfrontalier franco-belge. Portée en Belgique par l'asbl Centre d’éducation du patient et par l’Alliance Nationale des Mutualités chrétiennes, l'initiative se penche sur ces habitudes de vie et de consommation qui s’installent souvent insidieusement et qui représentent des facteurs de risque pour la santé, dont la consommation régulière de boissons alcoolisées. SATRAQ veut favoriser une prise de conscience et représenter une opportunité de changement, tout en épaulant celles et ceux pour qui l’alcool prend de plus en plus de place au quotidien. Le projet s’adresse à tous les publics (citoyens, entreprises, professionnels de la santé et du social,…) et propose, pêle-mêle, des actions de sensibilisation, des outils d'auto-évaluation ou encore le soutien de professionnels formés à l’accompagnement de personnes en situation de mésusage alcoolique.
En Belgique, 15 % des personnes qui ne consommaient pas de boissons alcoolisées avant le confinement ont commencé à en boire. Les causes citées pour expliquer cette augmentation sont principalement l’ennui, la solitude ou encore la désorganisation des journées. Pour l'addictologue François Paille, "le confinement s’est imposé à tous et constitue une expérience inédite. Il a rapidement fait poser la question de ses conséquences : l’anxiété qui en résulte, l’isolement, mais aussi l’apparition de nouveaux comportements, apéros Skype ou autres…"
C’est en Europe que la consommation d'alcool par habitant est la plus élevée : elle est responsable de plus de 7% des maladies et décès prématurés qui seraient évitables dans l’UE. La France et la Belgique se trouvent particulièrement exposées à ces risques car ces deux pays se situent au-dessus de la consommation moyenne en Europe. Les chiffres disponibles montrent que l'abus d'alcool est présent à chaque âge et concerne tant les hommes que les femmes. La population active et les plus 60 ans sont aussi particulièrement à risque.