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Le corps au secours de l’anorexie
 

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L’anorexie fait partie des troubles psychiques. Mais elle aurait également des causes directement liées au métabolisme. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude internationale. Ces nouvelles données permettent de mieux comprendre cette maladie complexe. Elles pourraient aider les professionnels à améliorer la prise en charge des patients.


Selon une étude internationale parue récemment dans la revue Nature Ge­netics, l’anorexie trouverait sa genèse à la fois dans le psychisme de l’individu mais aussi dans des causes liées à son métabolisme. L’anorexie est une pathologie complexe et poly-factorielle. Elle touche entre 0,9 et 4% des femmes et 0,3% des hommes. Elle se développe généralement à l’adolescence à la suite d'un traumatisme. Celui-ci peut être de nature psychologique – un événement stressant – ou biologique – une pathologie digestive par exemple. Culpabilité, iso­lement social, fatigue mentale, autodestruction sont autant de comportements liés à cette maladie. En découle également une restriction alimentaire qui impacte sur le métabolisme.

L’étude internationale a été réalisée en comparant le génome de 17.000 personnes souffrant d’anorexie avec celui de 55.000 personnes non touchées par ce trouble alimentaire. Elle a permis d’identifier huit gènes im­pliqués dans l’anorexie. Ceux-ci sont notamment associés à l’indice glycémique et l’indice de masse corporel (IMC). Qu’est-ce que cela indi­que concrètement ? Selon la professeure Marie Delhaye, Cheffe de la Clinique de psychiatrie infanto-juvénile au sein du service de psychiatre de l’Hôpital Erasme, "ces deux indices démontrent une plus grande vulnérabilité de l’organisme des personnes atteintes d’anorexie. Ce qui veut dire qu’elles sont génétiquement plus enclines à développer des troubles alimentaires. Chez les grands sportifs par exemple, on retrouve des métabolismes prédisposés à la pathologie : physique mince, exercice intense d'activités physiques…" Et d'ajouter : "Grâce à cette étude, la dimension poly-factorielle de la maladie est mieux identifiée. Cela aidera les professionnels à améliorer la prise en charge psychologique du patient mais aussi à personnaliser le régime alimentaire en tenant compte des fragi­lités biologiques". La spécialiste insiste sur l’importance de prendre en comp­te l’environnement dans lequel la personne évolue "en raison de son influence directe sur le développement des génomes". C'est le cas, par exemple, des personnes soumises à des situations de stress répétées. L'étude encourage ainsi à une prise en charge pluridisciplinaire.

Pour en savoir plus ...

Les résultats de l'étude (en anglais) sont à lire sur : www.nature.com/articles/s41588-019-0439-2