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Au bonheur des dames ?

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Le portrait choral d'une profession, aide-ménagère, met en lumière bon nombre de préjugés sur le métier. Et fait émerger les difficultés auxquelles sont confrontées les travailleuses : l'estime des clients, la santé, la reconnaissance salariale…


Le titre du documentaire est une question. Rosalie, Nermina, Béatrice, Christelle, Francine, Marie-Virginie, Laurence…, aide-ménagères "titres-services", tentent d'y répondre avec leurs mots et leurs expériences. Nettoyer ? Il s'agit bien plus que cela… "Chez les personnes âgées, on soutient, on écoute, on aide… Je suis très proche des gens chez qui je travaille", dit Béatrice. Des propos confirmés par une cliente chez qui preste une autre travailleuse : "Quand Christelle vient, c'est un bon jour. C'est quelqu'un de joyeux… Je dois dire que je l'adore, je n'en veux pas une autre !".

"Je ne suis pas leur esclave"

Nettoyer, laver le linge, repasser les vêtements, ranger le frigo… font partie des tâches réservées aux aide-ménagères. Il n'est pourtant pas rare que d'autres attributions leur soient confiées par des clients exigeants. Exemple : ramasser les crottes du chien au jardin, nettoyer les moquettes au chiffon humide plutôt qu'à l'aspirateur… Sans compter ceux qui surestiment l'efficacité de la fée du logis et qui voient au rabais les heures de travail nécessaires à la réalisation de son travail.

"Je ne suis pas leur esclave, affirme Christelle. Ils ont besoin de moi, je leur rend service. Et des clients qui exagèrent, il y en a plein. Certains pensent qu'on est encore au temps des femmes d'ouvrage qui travaillent au noir et qui se taisent. C'est fini, ce temps-là !". "On me donne une charge de travail pas possible parfois, confie une travailleuse lors d'une réunion d'équipe au sein de l'entreprise de titres-services. Comme toutes, on veut pouvoir tout faire, faire plaisir… On se tue… On se casse… Aussi parce qu'on a peur que le client nous laisse pour prendre quelqu'un d'autre. Nous sommes des objets qu'on remplace." "On reçoit parfois des choses en plein visage, déplore une autre, en pleurs…'T'as pas fait d'études, t'es qu'une aide-ménagère'… Ils ne respectent pas notre travail."

Il leur arrive aussi d'être confrontées à des événements plus graves : un homme regarde des films pornographiques lorsqu'est fait le ménage, un autre se masturbe dans le divan… L'entreprise de titres-services, donc leur employeur, est présente pour régler les conflits, voire pour signifier aux clients incorrects qu'un terme est mis au contrat.

Et la santé ?

"Jouer avec le cou, avec les épaules, arrondir le dos, fléchir les genoux, tendre le poignet, le bras, se relever droit, marche arrière, marche avant, s'agenouiller… des conseils d'ergonomie livrés par Rosalie. Je suis sportive, dit-elle, j'aime danser. En travaillant, je retrouve quelques gestes qui m'aident !"

Cependant, pour la plupart des travailleuses du nettoyage, le métier laisse des traces… physiques. Pour l'une, ce sont les cervicales. Pour l'autre, le canal carpien à opérer pour cause de gestes répétitifs. "Des médecins m'ont dit qu'il fallait changer de profession. Comme si c'était faisable en un claquement de doigt…", dit Sabine, pour qui le métier "n'a jamais été une épreuve ou une difficulté".

Pour soulager les maux, la médication est appelée en renfort. "Je suis systématiquement bloquée du dos, déplore Christelle. Alors, du 1er janvier au 31 décembre, je joue avec les médicaments. Tous les jours, pour dormir, je prends deux anti-inflammatoires et deux décontractants musculaires. Et je ne suis pas la seule !"

Jusqu'à la pension ?

Dans ces conditions, tiendront-elles jusqu'à la pension ? Peu y croient. Le secteur détient un taux alarmant en matière d'absentéisme : 30%. "Au moins 50% du personnel a quitté l'entreprise par la porte médicale, indique la responsable de l'entreprise de titres-services. Le législateur n'a pas conscience que c'est un métier qui brise et qui laisse des traces sur le corps quand il n'est pas pratiqué dans des conditions optimales." La question des fins de carrière dans le secteur est tout à fait niée, complète-t-elle.

Rythmé par des témoignages, des scènes au travail et en entreprise, le documentaire plaide pour un sort plus enviable de ces travailleuses. Un sort partagé par 165.000 autres femmes en Belgique.

Pour en savoir plus ...

Au bonheur des dames ? • de Gaëlle Hardy et Agnès Lejeune • Belgique • 2018 • 68 min • www.aubonheurdesdames-lefilm.com

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