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Virée sur les routes de Belgique

L'Ardenne, terrain de jeu de Zak et Seth dans le film L'Ardenne, terrain de jeu de Zak et Seth dans le film "Les Géants" de Bouli Lanners.

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"Des films belges… Un peu de tout !" Cette publicité de 1989 pour les fromages belges se décline à merveille pour le cinéma. Car oui, les réalisateurs belges sont connus et reconnus. En plus, il y en a pour tous les goûts. Difficile alors de faire un choix… Qu'à cela ne tienne ! Confinement ou pas, il est toujours agréable de découvrir ou redécouvrir les paysages de nos régions et notre patrimoine sur le petit écran.


Un homme nu dans la rue de la loi déserte… Impossible ? Pas pour Dieu, qui habite Bruxelles ! Le film "Le tout nouveau testament" de Jaco Van Dormael est un conte à la belge complètement loufoque où Benoit Poelvoorde incarne Dieu, tyrannique envers sa femme (Yolande Moreau) et odieux avec Ea, sa fille de 10 ans (Pili Groyne). Pour punir son père, Ea avertit tous les humains par SMS de la date de leur mort… Un film à prendre au 2e degré, pour rire mais aussi pour se poser des questions sur le sens de la vie, les choix, le bonheur… Le film a été tourné en partie à Bruxelles et on y reconnait plusieurs lieux comme la Cité Moderne à Berchem-Sainte-Agathe, le canal à Molenbeek-Saint-Jean ou la station de métro Comte de Flandre. Il a reçu plusieurs récompenses aux Magritte du Cinéma 2016 et le César 2016 du meilleur film étranger.

Avec "Les Géants" de Bouli Lanners, on suit l'histoire de Zak (Zacharie Chasseriaud) et Seth (Martin Nissen), deux ados qui se retrouvent seuls et sans ressources dans la maison de campagne familiale en été. Ils croisent Danny (Paul Bartel), un jeune du village, avec lequel ils vont faire de mauvaises rencontres et des bêtises de jeunes. La nature est mise à l'honneur dans ce voyage initiatique vers l'inconnu : la Semois, les Hautes Fagnes, le village de Méan, le camp militaire d'Elsenborn… les paysages ardennais sont devenus le terrain de jeu des Géants. Une histoire touchante, teintée de violence et parfois vulgaire où les adultes sont soit de très méchants escrocs soit une "bonne fée" qui ne pose pas de questions. Le film a reçu de nombreux prix dont le Magritte 2012 du meilleur film.

Toujours au bord de l'eau, la Meuse à Wépion a accueilli l'équipe du film "La Régate". Pour son premier long métrage, Bernard Bellefroid met en scène Alexandre (Joffrey Verbruggen), 15 ans, passionné d'aviron. Il s'entraine sans relâche pour gagner les championnats de Belgique mais il doit faire face à la violence de son père (Thierry Hancisse). Il cache tant bien que mal ses difficultés à son entraineur (Sergi Lopez) et à son amie Murielle (Pénélope Lévêque). Reste sa demi-soeur (Stéphanie Blanchoud) qui ne sait plus comment l'aider… Les magnifiques paysages subliment un jeu d'acteur juste et émouvant. "La Régate" a remporté le prix du public et le prix de la jeunesse au Festival de Namur en 2009.

Pour "Rundskop" (en néerlandais, Bullhead en anglais ou Tête de boeuf en français), c'est dans la campagne limbourgeoise mais aussi à Liège, du côté de Waremme, que se trame un polar noir. Premier long métrage de Michael Roskam, ce film, dur et touchant à la fois, dépeint le portrait de Jacky Vanmarsenille (Matthias Schoenaerts), éleveur de bétails et trafiquant d'hormones, lui-même accro aux substances illicites. Le meurtre d'un policier va entrainer des évènements en cascade pour se répercuter sur la vie de Jacky. En 2011, aux Prix du cinéma flamand (dénommés les Ensors depuis 2012), le film remporte six récompenses.

C'est "Formidable" d'être Belge ! Non, ce n'est pas une réalisation de Stromae mais un film léger et distrayant de 2008 réalisé par Dominique Standaert. C'est 100% belge. L'histoire nous balade entre Bruxelles (la place Poelaert, Schaerbeek, les trams de la Capitale), Barvaux et l'aéroport d'Ostende. Marc (Stéphane De Groodt) et Mathieu (Serge Larivière) s'entraident, un peu par hasard et bon gré mal gré, pour remettre de l'ordre dans leur vie.

Enfin, le film "Lola vers la mer", de Laurent Micheli, emmène le spectateur de Bruxelles à Coxyde. Lola (Mya Bollaers), 18 ans, est transgenre. Alors qu'elle apprend qu'elle pourrait se faire opérer, sa maman décède. Elle est contrainte de renouer avec son père, qu'elle n'a plus vu depuis deux ans, pour disperser les cendres de sa mère au littoral… Mya a reçu le Magritte 2020 du meilleur espoir féminin.

L'application Wallywood permet de découvrir les films tournés en Wallonie et leurs lieux de tournage à travers des vidéos, images, anecdotes et gadgets interactifs.

Un aperçu de la diversité cinématographique pour se préparer une soirée tout en belgitude…

Pour en savoir plus ...

Tous ces films, et d'autres, sont visibles sur les plateformes belges de vidéo à la demande (VOD) payantes (univercine.be, uncut.be, lumiereseries.com). La location pour 48h est de 3 euros en moyenne.

 

Suite à la fermeture des cinémas, le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles soutient les productions de films belges et les plateformes de streaming nationales en créant le site web "lecinemabelgealamaison.be". Le site renvoie l'internaute vers les plateformes payantes : 8 euros pour 48h de location. Six longs métrages sont concernés dont "Filles de Joie" décrit dans l'article ci-contre D'autres sites proposent également des accès gratuits à certaines produc tions d'auteurs (cvb.be, gsara.be, l'atelier Graphoui).

On quitte le cinéma mais pas la Belgique

Ne cherchez pas où se trouve Heiderfeld, il s'agit d'un village fictif inventé pour la série "La Trêve", réalisée par Matthieu Donck. Pourtant, toutes les images ont été tournées dans les Ardennes. On y reconnait le pont d'Herbeumont, la carrière de Resteigne, l'ancien hôpital de Sainte-Ode, le lac des Epioux à Florenville ou encore les bois du domaine provincial de Mirwart (et d'autres lieux encore dans la saison 2). Ce décor verdoyant est le théâtre d'une enquête compliquée pour l'inspecteur Yoann Peeters (Yoann Blanc) qui vient d'être muté. Il doit résoudre le meurtre du jeune Driss Assani (Jérémie Zagba), un footballeur d'origine togolaise, et utilise des méthodes qui dérangent les autochtones.

Le documentaire de Pascal Rocteur "Hypercitoyen" met en scène Stephen Vincke qui met toute son énergie à sauver le patrimoine borin, et plus particulièrement celui de l'entité de Frameries. En blogueur engagé, reporter et enquêteur, ce citoyen veut montrer l'importance de partager l'histoire en général et celle de son village natal en particulier. Il met en avant l'importance de garder des liens   avec le passé pour construire l'avenir mais aussi avec ses voisins, son entourage. Stephen mettra tout en œuvre pour résoudre le mystère des cloches de Noirchain. On y découvre la région, parfois belle, parfois polluée mais toujours sous l'œil bienveillant du réalisateur. "Hypercitoyen" devrait être projeté dans quelques festivals et dans certaines salles. La RTBF, en tant que coproductrice du documentaire, devrait également le diffuser.. Avec la crise sanitaire, les dates sont en attente de confirmation.