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Conférences : 18 minutes pour inspirer

Un 27 février sur les bancs de l’université. Le généreux soleil n’a pas découragé les très nombreux spectateurs venus assister au TEDx organisé par l’UNamur. Le thème ? (Re)Solutions. Six heures et 15 intervenants pour faire le plein d’idées nouvelles et de résolutions innovantes. Philosophe, économiste, scénariste, musiciens, professeur, citoyens, journalistes…, ils ont partagé leurs expériences et ont ouvert des horizons.


Un TEDx, qu’est-ce au juste ? TED est l’abréviation de Technology, Entertainment and Design. Derrière ce concept se retrouve une série internationale de conférences créées en 1984 en Californie et organisées par l’ASBL The Sapling foundation. Lorsque l’événement est organisé indépendamment de l’organisme officiel, le TED devient un TEDx. Mais la mécanique reste identique : choisir un thème, inviter des conférenciers et offrir à chacun d’entre eux 18 minutes au maximum pour diffuser un message. La grammaire des TEDx est précise : éclairage rouge et bleu, podium, grand écran, épais rideaux pourpres et un cercle rouge installé au sol dans lequel le speaker vient se placer. 18 minutes pour présenter un projet, relater une expérience, offrir une réflexion, capter l’attention … l’exercice est périlleux certes, mais créatif et souvent passionnant. Les récits sont bien ficelés, concrets, interpellants et agrémentés par des petites touches d’humour bien placées. Sélection d’interventions qui ont élargi notre champ des possibles.

 

Ils sont zinzins, ces gamins !

Adrien Cordier et Sébastien Heymans ont la petite vingtaine. Ils sont amis depuis l’enfance. Passionnés par la mer, ils décident, l’automne dernier, de tenter une sacrée aventure : 40 jours en mer, sur un catamaran. "Plutôt un trempoline flottant", rectifie Adrien. L’engin est baptisé "Zinzinc". Les deux potes se sont donné une mission : lors de leurs escales, ils vont ramasser les déchets qui trônent sur les plages. "Nous n’avions pas de compétences particulières, juste l’envie de réparer ‘plic ploc’ le mal que l’on peut faire". Adrien et Sébastien ont utilisé les réseaux sociaux pour partager leur périple. "On voulait créer une sorte d’allergie au plastique et on s’est dit que les réseaux sociaux allaient peutêtre permettre d’accélérer l’élan de sensibilisation". Hormis les quantités impressionnantes de déchets ramassés, Adrien et Sébastien ont été surpris par la mobilisation citoyenne autour du problème. Sur les plages, ils n’étaient pas seuls à faire le boulot. Cette année, ils remettent le couvert. Le "catamaran Zinzinc" deviendra un "trimaran Zinzinc"et accueillera un troisième matelot.

https://www.facebook.com/trimaranzinzinc/

 

Nos compétences dans un sac à dos

Lorsqu’il entre en scène, Yves Patte arbore la dégaine d’un randonneur. Sac à dos accroché aux épaules, jeans et baskets. Ce bagage, c’est à la fois son CV, son entreprise et ses compétences. Yves Patte est ce qu’on appelle un slasher, autrement dit, une personne dont le parcours professionnel n’est pas linéaire. Le quadragénaire a été chercheur en sociologie, enseignant, consultant, community manager, gérant d’une salle de sport, coach sportif… Il ne cesse de se renouveler, en fonction des élans qui le portent. Mais comment devient-on un "backpack entrepreneur"? Par curiosité, suggère Yves Patte. Fidèle lecteur du Monde diplomatique, il achète un jour le magazine Muscles et fitness dans une librairie de gare où il ne risque pas de croiser ses collègues intellectuels. Il y découvre un article sur le CrossFit. Passionné de sport, il se forme à la pratique et devient traducteur anglais-français de formations sportives. Son parcours atypique lui a permis de remplir son sac à dos de multiples compétences. Selon lui, évoluer dans le monde du travail n’est plus un voyage organisé, il faut parfois oser emprunter une autre route.

http://www.yvespatte.com/

 

Et si nous recrutions nos élus ?

"Lorsque l’on engage quelqu’un, on ne regarde pas seulement la photo sur le CV et on ne privilégie pas celui qui nous semble avoir une bonne tête. Pourquoi agissons-nous comme cela lorsqu’il s’agit de choisir nos élus ?" Voilà, en boutade, la question posée par Cédric Henet. Avant les dernières élections communales, ce chercheur en sciences juridiques à l’UCLouvain – accompagné de son frère de son épouse – a créé "Make your own choice", une plateforme en ligne qui permettait de rendre les programmes des candidats accessibles et de les comparer autour de différentes thématiques. Il suffisait de taper son code postal pour avoir accès à l’information. Le résultat ? Il est mitigé, avoue Cédric. "Sur 60.000 candidats, seuls 850 se sont inscrits. Et souvent, les programmes restaient peu concrets, avec une vague impression de lire partout la même chose. Certains candidats nous ont même demandé d’effacer leur programme de la plateforme après le 14 octobre…" Ce qui est plus satisfaisant par contre, c’est le nombre de citoyens qui ont fréquenté la plateforme : 50.000. Leurs interpellations étaient nombreuses. Un bon signal. Aujourd’hui, Cédric planche sur des rencontres entre citoyens et candidats à la prochaine élection européenne en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles. "Parce que c’est important que la politique européenne descende aussi dans nos rues."

https://www.myoc.be/

 

Les petits trucs de Jaco Van Dormael

"Toto le héros", "Le 8e jour", "Mister Nobody", "Le Nouveau Testament", "Kiss and cry", "Cold blood", la Belgique serait moins poétique sans les films et les spectacles de Jaco Van Dormael. L’homme a plusieurs casquettes. À Namur, il a partagé avec le public ses angoisses de scénariste. Il avoue qu’un scénariste, ça passe la plupart de son temps à pédaler dans la choucroute. Ce qui n’est pas toujours confortable. Mais le processus, si on l’accepte, a le mérite de faire avancer les choses. Lorsque l’inspiration n’est pas au rendez-vous, Jaco Van Dormael a ses petits trucs : "dans son agenda, consacrer des journées complètes à des rendez-vous avec soi-même ; lorsque la page blanche est trop grande, en réduire la taille ; et laisser toujours une bonne idée pour le lendemain."

Inspirations :

Voici quelques phrases qui, au cours de la soirée, ont trouvé leur place dans notre cahier de notes. À méditer, réfléchir et peut-être à partager.

"Il est important de se reconnaître dans le fruit de son travail."

"Vous avez un projet ? Lancez-vous avant d’être prêt ! "

"L’on devient créatif lorsqu’il s’agit de combler l’ennui."

"La meilleure manière d’apprendre, c’est lorsqu’on est porté par ses élans."

" Quand le rêve est commun, il est relativement simple de le concrétiser ensemble."

"Nos proches sont parfois les meilleurs miroirs de nos rêves intérieurs."