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Constantin Meunier, l’homme de bronze

© MRBAB - J.Geleyns © MRBAB - J.Geleyns

Que ce soit devant la gare de Charleroi ou dans un parc de Bruxelles, on a tous vu, au moins une fois, une sculpture de Constantin Meunier (1831-1905). Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique proposent de faire plus ample connaissance avec cette grande figure du réalisme belge.


Fin des années 1850. Tout démarre plutôt bien pour le jeune Constantin Meunier puisqu’à seulement 23 ans, il expose ses premières sculptures au Salon de Paris. Là, sa jeune carrière prend un premier tournant. Bouleversé par les Casseurs de pierre, une toile de Gustave Courbet, il pense trouver les réponses aux interrogations tant sociales qu’artistiques de son temps. Il abandonne - momentanément - la sculpture pour le dessin et la peinture.

Il séjourne fréquemment au monastère des Trappistes de Westmalle, en Campine, pour des retraites tant spirituelles que de travail. Il peint les moines en prières mais aussi au travail dans les champs, illustrant ainsi leur devise "Ora et Labora" ("Prie et travaille").

La rétrospective que les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique consacrent à l’œuvre de Constantin Meunier accorde une attention particulière aux premières années de la vie artistique de l’artiste belge : des scènes historiques, bourgeoises et religieuses, peut-être un peu mornes mais prémisses de son art à venir.

Travailleurs peints puis sculptés

Dans les années 1880, Constantin Meunier accepte une commande de gravure pour illustrer une étude encyclopédique des populations et sites du pays. Il parcourt alors le Hainaut, ses charbonnages et ses aciéries. Il retrouve cet intérêt pour les corps au travail, peignant les ouvriers de l’industrie et de l’agriculture, dignes et nobles, épuisés par un travail harassant. La carrière artistique de Meunier prend alors un second tournant.

Abandonnant ses pinceaux, il revient à ses premières amours, la sculpture, démontrant sa faculté à interpréter un même sujet avec différentes techniques, divers matériaux. Ainsi le fameux Puddleur, une de ses sculptures les plus célèbres que l’on peut voir dans la dernière salle entièrement con sacrée à la sculpture. Meunier avait déjà réalisé une esquisse à l’huile sur le même thème (La Lassitude) puis une version en terre, toutes deux visibles dans l’exposition.

On admirera aussi Le Grisou, célèbre sculpture d’une mère éplorée découvrant le corps de son fils parmi les victimes d’une catastrophe minière. Cette pièce artistique semble le pendant laïc de la Lamentation que Meunier a peinte sur toile en plein cœur de sa période de genre religieux.

Car tel est bien le but de cette exposition : mettre en exergue tant la continuité que les ruptures dans le parcours de l’artiste, la tentation d’un art plus conventionnel, tout comme la recherche de l’authenticité. Et peut-être aussi replacer l’artiste dans son con texte historique et idéologique.

Michel Draguet, Commissaire de l’exposition, précise à ce propos : "Meunier n’appartenait pas plus au monde ouvrier que Bruegel l’Ancien au monde paysan. Au contraire, c’est bien à partir d’une différence de statut social revendiquée que le peintre, puis le sculpteur esquissera le portrait d’un monde ouvrier qu’il illustrera moins qu’il ne le transcendera, mêlant mystique chrétienne, lecture politique et intérêt historique."

Une promenade

Aux termes de l’exposition, du Cinquantenaire à la place Meunier à Forest, une "promenade Meunier" invite le visiteur à parcourir la ville à la découverte des secrets de la vie et de l’œuvre de l’artiste. Un saut jusqu’au musée Constantin Meunier, qui occupe son ancienne maison-atelier à Ixelles, permet également d’admirer des œuvres de très grands formats dans les lieux qui les ont vu naître(1).


Pour en savoir plus ...

Constantin Meunier • Musées des Beaux-Arts de Belgique, 3 rue de la Régence à 1000 BXL • Jusqu’au 11 janvier 2015, du mardi au dimanche de 10 à 17h. • Prix WE : 17,50 EUR (réductions diverses) • Infos : 02/508.32.11 - www.expo-meunier.be

Les collections accessibles à tous

Le "Musée sur mesure" adapte l’exposition en cours aux besoins spécifiques des visiteurs. Ainsi, accompagnées d’un guide-conférencier, les personnes aveugles et malvoyantes pourront découvrir - et toucher - les sculptures. Les malentendants, quant à eux, auront la possibilité de suivre une visite en langue des signes. Et les personnes psychologiquement fragilisées ou en situation de handicap mental pourront bénéficier de visites spécifiques. Quant aux plus petits, ils pourront découvrir les outils du sculpteur et travailler la terre lors d’ateliers, en groupe ou en famille.