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Escapade musicale en Pataphonie

La maison de la Pataphonie fête ses 20 ans. Elle accueille les visiteurs à Dinant pour un voyage sonore. Les pataphons y détournent les objets du quotidien de leur fonction première pour produire des mélodies insoupçonnées.


Qui dit voyage, dit pays : la Pataphonie et ses cinq provinces accueillent les curieux. Première étape dans la grande salle située au dernier étage de la maison. Les visiteurs interloqués observent les objets exposés : est-il vraiment possible de produire des sons harmonieux à partir d'une raquette de tennis, de pots en terre cuite ou de clous de différentes tailles ?

Le guide du jour, le pataphon, se présente. Michel Rossi Mori est passionné par ce pays imaginaire qu'il connait depuis ses débuts ou presque. "Le corps, explique-t-il, est le premier instrument de musique qui claque et chante…" Le pataphon utilise ensuite des objets pour en produire des sons, sans les transformer. Avec des baguettes, il frappe sur des hanses d'anciens fers à repasser, et de jolis sons cristallins envahissent aussitôt la pièce. Autres possibilités : assembler des objets – comme des boites de conserves métalliques – pour en faire des percussions ou encore transformer une poubelle en plastique en tambour, en y ajoutant une peau en papier collant transparent pour produire un son lourd et rythmé. "Nous détournons des objets à des fins musicales et des instruments à des fins utilitaires, sourit le pataphon. Nous pouvons utiliser une guitare comme abat-jour et une boite à cigares comme caisse de résonance pour jouer de la Cigar box guitar."

Des pierres qui sonnent, des sons qui mouillent

Un enfant tape avec une baguette sur un coquillage posé à la surface de l'eau pour produire un sonLe voyage continue dans la province de la Lithosphère. Une table composée de morceaux de pierre résonne grâce à une balle magique. Les visages s'illuminent, les rires se mêlent aux rebondissements énigmatiques. L'animateur présente "Le grand Échantillonneur", un instrument à clavier et quatre voix composées de gourdes en métal, de bouteilles en verre, de pots de jardinage et de boites de conserve. C'est le moment de jouer à un blind test musical !

Percussionniste de formation, Michel Rossi Mori a dû apprivoiser toutes ces installations pour apprendre à souffler dans un instrument à vent, à gratter ou frotter un instrument à cordes. Les yeux des petits et des grands s'écarquillent de surprise quand il dévoile la flute harmonique aquatique contrebasse dont le son s'apparente à une corne de brume aux tonalités graves… En Aqualubie, tous les instruments chantent grâce à l'eau. Un concert s'improvise : les patavisiteurs utilisent des flutes aquatiques, des coquillages, des bassines ou des monocordes (instrument composé d'une seule corde) aquatiques pour voguer sur les sons au fil de l'eau. "Nous souhaitons que les visiteurs quittent la maison de la Pataphonie avec l'impression d'avoir joué de la musique même s'ils ne sont pas musiciens, soutient Michel Rossi Mori. Mon rôle est d'amener le groupe à ce que ça sonne." Un peu comme un chef d'orchestre !

En constante évolution

En 2001, c'est dans une des plus vieilles maisons de la ville de Dinant, construite à la fin du 15e siècle que Max Vandervorst proposa d'installer le premier instrumentarium de la Maison de la Pataphonie. "L'idée était de rendre hommage à l’invention instrumentale dans la ville natale d'Adolphe Sax et d'en faire un lieu interactif et non un musée", commente Michel Rossi Mori. D'aspirations en découvertes, ponctués d'essais et erreurs, les instruments se sont multipliés.

Pour célébrer ces deux décennies au service des sons, la Maison de la Pataphonie a fait appel à des créateurs d'instruments. En Saxofolie, Nicolas Bras, luthier alternatif français, a construit un orgue à soufflets, poires et clavier, composé de 54 flutes harmoniques fabriquées avec des tuyaux en plastique (PVC). Cette étrange machine s'entortille autour des colonnes et grimpe sur les murs. Lorsque l'air s'engouffre dans ses tuyaux, des sons joyeux et mélodieux virevoltent à travers la pièce.

Musicien autodidacte bruxellois, Rudy Romanowski crée des structures sonores à base d'objets métalliques. Une de ses installations a envahi la Métalodie. "J'avais quelques contraintes spatiales. L'installation devait être solide et accessible à une vingtaine de personnes. J'ai utilisé des ressorts, du matériel provenant de magasins de bricolage, des plaques métalliques… Pour le reste, j'avais carte blanche." Baptisée Le Monstre, la création permet au groupe de terminer la visite par une composition jouée à 32 mains.

En juin 2022, la Parade des trouveurs de sons viendra clore les festivités de cet heureux anniversaire.

 

Pour en savoir plus ...

>> Maison de la Pataphonie, rue en Rhée 51 à 5500 Dinant • à partir de 5 ans • durée : 75 minutes • prix : 6 EUR • visites guidées les dimanches, jours fériés et congés scolaires à 14h et à 16h • visites scolaires et de groupe en semaine

Plus d'infos et réservations obligatoires : 082/21.39.39 • pataphonie.be