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La santé, une priorité politique pour 2019 !

La santé, une priorité politique pour 2019 ! @ M. Detiffe

Le gouvernement fédéral est entré en affaires courantes jusqu’aux élections européennes, fédérales et régionales qui auront lieu en mai prochain. Chaque parti politique se prépare, prend position, met en avant certains thèmes et se tait sur d’autres. Au vu des enjeux liés au vieillissement de la population et à l’accroissement des inégalités sociales, la santé devrait être une priorité pour tous.


Le mémorandum politique de la MC a été approuvé par le Conseil d’Administration du 6 juin 2018. Un document de plus de 50 pages reprend des analyses et propositions tant aux niveaux européen et fédéral qu’à celui des Régions et Communautés (1). La MC plaide pour une approche globale de la santé, mieux coordonnée, avec une vision à long terme. Épinglons quelques priorités.

Un financement suffisant, durable et solidaire

Le budget des soins de santé a été mis à la diète depuis 2014. Malgré tous ces efforts, les finances publiques sont toujours dans le rouge et la croissance économique ralentit… Si l’on veut garantir à tous les patients l’accès aux soins, revaloriser le personnel soignant, répondre aux besoins de soins chroniques, rembourser les médicaments innovants efficaces… il faut avant tout un budget des soins de santé suffisant et stable. Nous réclamons, pour celui-ci, l’application d’un taux de croissance de 2,2 % par an. Les partis qui proposent de descendre en dessous de cette norme doivent avoir le courage d’indiquer où ils comptent porter le fer.

Interdire tout supplément d’honoraires en cas d’hospitalisation

Chaque année, les suppléments d’honoraires en chambre individuelle augmentent. Les primes des assurances hospitalisation suivent. Une médecine à deux vitesses se développe. Il faut mettre fin à ce système. Actuellement, les employeurs et les citoyens paient individuellement des primes de plus en plus chères. Il serait beaucoup plus simple, solidaire et transparent de réinjecter les mêmes moyens dans l’assurance soins de santé obligatoire. Cela permettrait de financer correctement les hôpitaux et de mieux rémunérer les spécialités médicales qui en ont besoin. Les suppléments d’honoraires ne seraient ainsi plus nécessaires. Cette proposition n’est absolument pas utopique. Tout le monde en sortirait gagnant : les patients, les établissements hospitaliers, les médecins, les pouvoirs publics et les employeurs.

Réduire les inégalités de santé

Les écarts d’espérance de vie sont énormes entre les plus riches et les moins nantis. Une récente étude menée par des chercheurs (2) vient encore de le démontrer : 12 ans de différence ! Pour les réduire, il faut agir sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé : l’emploi, l’enseignement et la formation, les pollutions, la mobilité, le logement, les revenus, la cohésion sociale … L’impact sur la santé doit faire partie intégrante de toutes les politiques.

Un plan pour les soins aux personnes âgées

Comme un tsunami, le vieillissement de la population va rapidement impacter les besoins en soins de santé. L’offre actuelle n’est pas adaptée : trop de lits d’hôpitaux pour des maladies aigues, pas assez de services de revalidation, des lieux de convalescence non subsidiés, des services de maintien à domicile en nombre insuffisant, des maisons de repos souvent très chères… Voilà un énorme défi qui doit mobiliser toutes les entités du pays. Une politique volontariste et coordonnée est indispensable pour ne pas laisser les opérateurs privés commerciaux envahir le secteur.

Des soins de première ligne plus accessibles

Médecins généralistes, psychologues, dentistes, infirmiers, kinésithérapeutes… il est important que les patients puissent accéder aux soins de première ligne. La prévention en est renforcée et les risques de complications sont moindres. Pour améliorer cet accès, de nouveaux métiers ou pratiques (para)médicales doivent être reconnus et financés par les pouvoirs publics : hygiéniste dentaire, optométriste, assistant de médecine générale, psychothérapeute… Il faut revoir le périmètre des prestations de chaque profession à la lumière des évolutions techniques, du partage des données médicales et de la plusvalue apportée par les collaborations multidisciplinaires.

Prévenir l’incapacité de travail

La forte augmentation du nombre d'invalides est préoccupante. Mais elle n'est pas le fait d'un abus. Elle s'explique avant tout par des facteurs démographiques et sociologiques. Elle est aussi le résultat de mesures prises dans d'autres secteurs : politiques d'exclusion du chômage, restrictions d’accès à la prépension et au crédittemps fin de carrière… Enfin, l’incapacité est bien souvent aggravée ou causée par des conditions de travail difficiles.

Nous plaidons vigoureusement pour un changement de cap politique afin de rendre la vie professionnelle mieux conciliable avec la vie privée et plus soutenable, en particulier en fin de carrière.

En ce qui concerne les travailleurs en incapacité, nous demandons que les indemnités minimales soient relevées jusqu’au seuil de pauvreté et liées annuellement au bien-être. Il n’est pas normal que des personnes qui, bien souvent, doivent faire face à des dépenses de santé plus élevées voient leurs revenus les plonger dans la précarité.

Bonne santé ! Ce voeu le plus cher que nous nous souhaitons chaque année, la MC le souhaite en particulier à tous les politiciens.


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