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La vaccination...tous ensemble

La vaccination...tous ensemble

La crise sanitaire est à un tournant. Du succès de la campagne de vaccination dépendra le retour à la vie sociale. Un défi, une fois de plus, à relever collectivement.


Si la crise sanitaire liée au Covid a apporté son lot de contraintes, de souffrances, de vies brisées..., elle a aussi parfois on l’a suffisamment répété suscité des remises en question, encouragé des innovations et surtout réaffirmé l’importance du collectif. Ce ne sont plus uniquement les sociologues et les psychologues qui le défendent mais aussi les épidémiologistes, les virologues, les spécialistes de la santé, les politiques et, une immense partie de la population. Le discours ambiant le souligne doublement. D’une part, on dit qu'il faut "redonner accès à ce qui fait du sens et donc permettre de renouer avec nos vies faites de rencontres et de liens sociaux". D’autre part, on convient que "l'on ne sortira de la crise qu'en mettant en œuvre des dispositifs requérant l’adhésion globale et collective". Nous savons que les mesures sanitaires qui se prolongent sont dures et pénibles pour de nombreux secteurs économiques, ainsi que pour tous les acteurs de la vie culturelle, des loisirs, de l’enseignement, etc. Et pour chacun d'entre nous. Le port du masque, la distance sociale, les mesures d’hygiène... ont montré que les gestes barrières sont efficaces pour freiner l'épidémie quand ils sont respectés par le collectif....

Heureusement, le vaccin est maintenant bien ancré dans l’arsenal de cette bataille contre le virus. La vaccination n’est pas une restriction de plus qui nous freine, mais une action qui nous permettra de retrouver notre liberté. Mais, une fois de plus, seulement si le geste de protection est porté de façon collective. Dans l’état actuel des connaissances et selon les estimations les plus optimistes, la couverture vaccinale devra atteindre un minima de 70% de la population pour envisager une réelle sortie de crise. 

Une digue contre la maladie et la transmission

Des moyens considérables ont été mobilisés pour mettre au point les différents types de vaccins qui sont aujourd’hui disponibles. La vaccination prioritaire des personnes les plus à risque permet de les protéger de la maladie. Elle a aussi baissé la pression sur notre système de soins. À présent, nous avons le recul nécessaire pour affirmer aussi que la vaccination permet d’endiguer la contamination. "Une seule dose de vaccin Pfizer ou AstraZeneca permet de réduire la transmission du coronavirus jusqu'à près de moitié au sein d'un même foyer, où le risque de contagion est élevé", conclut par exemple une très récente étude de l'agence publique de santé anglaise (PHE). Et les études "en vie réelle" dans des pays où la vaccination a été massive (Israël, Royaume-Uni) montrent que la vaccination permet de protéger contre les infections asymptomatiques, avec une efficacité entre 80 et 95% selon les études.

Ces données sont très encourageantes. Et force est de reconnaitre que les pays qui sortent petit à petit de la crise sont ceux qui ont la meilleure couverture vaccinale. En Belgique, nous atteignons déjà de bons taux de vaccination (plus de 70 à 90% des plus de 75 ans selon les Régions) mais nous sommes encore loin de pouvoir affirmer avec certitude qu'à la fin de l'été, nous aboutirons au niveau suffisant de vaccination pour relâcher réellement l’ensemble des mesures contraignantes. Si les dispositifs logistiques et l’approvisionnement en vaccin sont à présent rassurants, la population doit être convaincue.

Nous avons bien sûr le droit de nous poser des questions mais dans ce cas, il est essentiel de s’informer, d’aller aux sources les plus fiables et de ne pas laisser court aux réflexes des échanges en cercles très fermés. Effets secondaires peu présents et risque de thrombose extrêmement rare ne doivent pas être niés.La transparence des propos des scientifiques a conduit à des messages qui ont évolué dans le temps. C’est aussi une marque de fiabilité de l’information : non, on ne cache rien et oui, le bénéfice de la vaccination est infiniment plus élevé que le risque encouru. On saluera au passage les efforts réalisés par les autorités sanitaires et institutions de recherche pour rendre cette information accessible (1).

L’adhésion volontaire est toujours plus porteuse que la contrainte. Des débats ont déjà eu lieu et se poursuivront à ce propos. Le "passeport vaccinal" est envisagé. Mais l’accès au vaccin et aussi aux tests sera-t-il totalement garanti, d’un point de vue financier et pratique, pour tous les publics y compris les plus fragilisés ?

Dans ce contexte, l’adhésion des jeunes aussi sera essentielle. Les jeunes représentent une force d’avenir incroyable. Leur engagement peut être à la hauteur de l’ambition qu’ils donnent à la vie de demain. Il revient aux adultes de leur donner les moyens de leurs rêves. À nous de les rendre acteurs dans cette campagne de vaccination pour expliquer, raconter, mettre en perspective et compter entièrement sur leur sens réel du "vivre ensemble".

Ce n’est pas ou plus uniquement un propos politique ou militant que d’affirmer que les replis sur soi sont sources de faiblesses, de dysfonctionnements et de souffrances pour les plus fragilisés. Les faits le démontrent... Plaçons résolument la vaccination dans l’arsenal des moyens qui nous permettront de retrouver notre vie tissée de liens sociaux et de redonner du sens au vivre ensemble, davantage encore que hier !


(1) À titre d’exemple, on peut citer le site de l’Inserm en France presse.inserm.fr/canal-detox/ oula FAQ mise à jour en Belgique par l’Agence fédérale des médicaments et produits de santé : afmps.be et le site jemevaccine.be

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