Retour à Politiques sociales

La crise sanitaire bafoue les droits des femmes

©iStock ©iStock

Sylvie Lausberg, présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB) a pointé dix domaines dans lesquels les femmes ont été discriminées durant la crise. La présidente a lancé, devant le Sénat, un appel au soutien dans le cadre du plan global de la relance économique.


Harcèlement en rue, emploi, familles monoparentales, bénévolat, professions dites non essentielles, santé mentale... font partie de la liste de sujets que Sylvie Lausberg, présidente du CFFB, a identifié et pour lesquels les femmes ont subi des discriminations durant la crise du Covid. Face au Sénat, en février dernier, elle a exigé que des aides soient prises en compte dans les négociations du plan de relance économique européen dont six milliards sont prévus pour la Belgique.

Lors de sa présentation, Sylvie Lausberg s'est inquiétée de l'augmentation d'une "précarité effrayante". Les femmes sont encore nombreuses à travailler dans des secteurs mis à l'arrêt comme l'horeca ou les métiers de contacts. Cette discrimination se reflète également dans les nombreuses heures de volontariat assurées en grande partie par les femmes, notamment dans la confection de masques. Or, ce qui a pesé sur les épaules des femmes devrait être rémunéré ou pris en charge par l'État.

Le Collectif 8 mars pointe, quant à lui une liste impressionnante des dégâts de la crise sur la situation des femmes : violences domestiques confinées, intensification du travail dans les secteurs de soins avec un impact considérable sur la vie de famille et la santé mentale en général, précarisation des femmes "oubliées" : les femmes sans papier, davantage exposées aux risques de contamination puisque certaines continuent de travailler sans protection, sans accès aux soins de santé ; les femmes sans-abri pour qui, il est parfois impossible d’être confinées et restent en proie aux violences de la rue ; les travailleuses du sexe qui ont dû cesser leurs activités et n’ont droit à aucune aide publique ; les femmes détenues ou proches de détenus...

Les femmes sont, malgré tout, encore et toujours engagées dans une crise sanitaire qui balaie la population mondiale. Comme le souligne les collectifs féministes, "l'État devra rendre des comptes"... et y est invité par le biais du plan de relance.