Retour à Politiques sociales

La pauvreté renforcée par la crise

Sans surprise, la crise du Covid-19 intensifie la pauvreté dans notre pays. C’est ce qui ressort d’une vaste enquête menée auprès des organisations de lutte contre la pauvreté, dont les résultats ont été publiés par la Fondation Roi Baudouin.


Au début de la crise sanitaire, la Fondation Roi Baudouin a apporté son soutien à 500 organisations de lutte contre la pauvreté, investies auprès des personnes vivant dans la précarité, y compris les personnes sans-abri et mal logées. Elles ont reçu chacune une enveloppe de 10.000 euros et ont pu partager leurs points de vue sur l’impact de la crise, tant sur les personnes en situation de pauvreté qu'au sein de leur propre organisation. Le constat est alarmant : 80% d'entre elles ont vu leur public cible augmenter, avec une hausse remarquable concernant les jeunes adultes et les familles monoparentales. Outre une augmentation du nombre de réfugiés et de travailleurs migrants, de nombreuses organisations pointent également, un accroissement du nombre de "personnes d'origine belge qu'elles ne connaissaient pas auparavant". Autre fait marquant : deux tiers des organisations sondées indiquent queles personnes en situation de précarité sont confrontées à une "exacerbation" et un "élargissement" de leurs problèmes. Cette aggravation concerne avant tout la solitude et l'isolement social extrême, mais aussi l'impact sur la santé mentale, qu'il soit lié ou non à des conflits familiaux. La fracture numérique s'est également relevée problématique pendant ce confinement, selon les organisations. Le manque d’accès à la nourriture et à une hygiène de base, comme des douches, du savon ou des vêtements, inquiète les acteurs de terrain, tout comme l'augmentation sensible du sans-abrisme et du mal logement, visibles ou non. 

Léger lot de consolation : deux organisations sur trois font état d'un impact positif sur le lien avec leur public cible, la collaboration avec les bénévoles et la visibilité locale de leur organisation. La majorité affirme également que la crise a boosté leur collecte de fonds mais paradoxalement, plus de la moitié d’entre elles signalent aussi un recul de leur santé financière...