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Les soins de santé inégalitaires pour les demandeurs d'asile

La Belgique accueille entre 20.000 et 25.000 demandeurs d'asile chaque année. La Belgique accueille entre 20.000 et 25.000 demandeurs d'asile chaque année.

Les migrants qui arrivent dans notre pays ne sont pas égaux face aux soins de santé, constate Le Centre d'expertise des soins de santé (KCE). Une inégalité fondée sur la structure d'accueil, dont va dépendre la prise en charge du patient.


Le centre fédéral d'expertise des soins de santé livre un rapport qui épingle la position de l'État belge sur les soins de santé accordés aux migrants. À en croire les conclusions, la Belgique serait en porte-à-faux par rapport aux accords internationaux qu'elle a signé, à l'instar de la Déclaration de New-York de l'ONU, signée en 2016, qui engage la prise en charge global des demandeurs d'asile.

La loi belge prévoit que tout demandeur d'asile reçoive une aide matérielle qui comprend l'accès aux soins de santé. Or, pointe le KCE, les structures d'accompagnement ne proposent pas un traitement efficace et égalitaire. La majorité des demandeurs d'asile sont accueillis dans des centres collectifs (environs deux tiers). Ceux qui présentent un profil plus vulnérable sont en revanche accueillis dans des structures individuelles pour assurer un meilleur suivi. Deux instances vont prendre en charge ces soins de santé : si les réfugiés sont hébergés dans un centre d'accueil collectif, c'est FEDASIL qui assure le suivi médical. Dans les Initiatives Locales d'Accueil (ILA), ce sont les CPAS qui s'en chargent, financés par le SPP Intégration Sociale.

Deux structures, pour deux enveloppes différentes, qui vont conduire à une différence de traitement. Un constat déjà mis en évidence en 2014 dans le Livre Vert sur l'accès aux soins de santé en Belgique, publié par l'Inami et Médecins du Monde.

Le KCE plaide pour une enveloppe générale dédiée au financement des soins de santé des demandeurs d'asile. Ce budget concernerait de 20.000 à 25.000 personnes chaque année. L'organisation souhaite une simplification et une centralisation de l'organisation de ses soins de santé, portée par l'Inami ou par FEDASIL.