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Des hôpitaux plus respectueux de l'environnement         

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Veiller à la santé des gens, à l’hôpital, n’est pas incompatible avec l’exigence d’équilibre budgétaire, ni avec celle d’économie des ressources naturelles. La preuve avec un travail de fin d’études en santé publique récemment primé, utilisable immédiatement dans les institutions de soins.


Il y a une foule de détails, aujourd’hui, dans les lieux de soins, qui interrogent la manière de consommer l’énergie et les matières premières. On pense, pour ne citer qu’un exemple, à cette propension galopante à équiper les salles d’attente d’écrans : autant de puits de consommation de matériaux rares et d’électricité, dont l’utilité dans de tels lieux est discutable et rarement débattue en interne. C’est donc avec d’autant plus d’attention qu’on a découvert, récemment, le travail de Master primé par la Fondation pour les générations futures à travers son prix Hera. Celui-ci a pour vocation de soutenir les étudiants et les chercheurs des universités et des Hautes Écoles francophones qui abordent leur travail de fin d’études (TFE) avec un regard transversal, c’est-à-dire apte à casser les "silos", soit les spécialisations parfois outrancières de certaines disciplines.
Remarquée parmi 12 candidats issus de divers établissements, Bénédicte Potelle (faculté de Santé publique d’UCLouvain) est la lauréate "health" 2020. Dans son TFE, la jeune femme s’est penchée sur la manière dont les hôpitaux respectent l’environnement (à l’échelle planétaire, ils représentent 4.4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre) et, plus particulièrement, sur le potentiel des achats durables en leurs murs. Il y a du boulot ! Les achats des hôpitaux constituent en effet leur deuxième poste de dépenses après celui des ressources humaines, ce qui n’est guère étonnant vu la quantité et la diversité des produits qui y circulent, tantôt spécialisés (matériel opératoire, de soins, de désinfection), tantôt plus communs (matériel de bureau). L’enjeu est d’autant plus sensible qu’après l’"ouragan" du Covid-19, leur équilibre budgétaire est souvent menacé.
Après avoir analysé le cadre juridique dans lequel les achats hospitaliers doivent se dérouler en Belgique (la Loi sur les marchés publics), la lauréate a identifié une série d’exigences et de critères environnementaux susceptibles d’être intégrés aux cahiers des charges rédigés par les responsables des achats. Ce que le jury indépendant a voulu primer réside surtout dans le côté pratique de son travail. Elle a en effet abouti à la rédaction d’un vade-mecum très concret, presque directement utilisable par les responsables des départements concernés.

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