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Le médecin généraliste, un modèle de communication

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Après un premier rapport sur les maladies courantes, un second sur les comportements de santé et le style de vie, l'Institut scientifique de Santé publique (ISP) analyse l'utilisation des services de santé et des services sociaux en Belgique. En vedette : le médecin généraliste.

 


Les conclusions de la recherche sont élogieuses dès lors qu'est évoqué le rôle-clé du médecin généraliste. Il est présenté comme généralement accessible, à l'écoute, pédagogue. Quatre patients sur cinq font d'abord appel à lui lorsque survient un souci de santé. De surcroît, l'attente n'est pas longue avant d'entrer dans son cabinet. 57% des répondants obtiennent une entrevue le jour même, 13% consultent sans rendez-vous préalable.

Étonnant : les patients bruxellois s'adressent moins souvent à un médecin généraliste que les habitants des deux autres régions. Ainsi, le Bruxellois rencontre-t-il trois fois le médecin par an contre 3,8 en moyenne dans les villes de Flandre et de Wallonie. Ce qui l'explique ? Un nombre important de personnes d'origine étrangère qui ne recourent pas à la médecine générale, suggère l'ISP. "Des initiatives visant à promouvoir la médecine générale à Bruxelles, avec une attention particulière pour les personnes d'origine étrangère, devraient donc être encouragées", propose-t-il.

L'attente du spécialiste

Question délais, consulter un spécialiste semble être plus difficile et un rendez-vous est quasi toujours nécessaire. 38% des personnes sondées patientent plus de deux semaines, 16% obtiennent une rencontre le jour-même et une personne sur dix évoque un délai d'attente important pour être reçu.

Dans la plupart des cas (63%), la consultation d'un spécialiste est à l'initiative du patient lui-même. Viennent ensuite les recommandations d'un médecin généraliste, ou plus rarement, les conseil d'un membre de l'entourage, voire d'un autre spécialiste, qui poussent le patient à aller toquer à la porte d'un confrère spécialisé.

En Belgique, près de la moitié de la population déclare avoir eu au moins un contact avec un médecin spécialiste au cours des 12 derniers mois. Cela dit, selon l'ISP, consulter ce type de professionnel semble être un pas difficile à franchir pour les personnes peu instruites. Une fois la première rencontre passée, il n'y aurait plus de différences liées au niveau d'éducation.

Enfin, les situations socio-économiques des patients influent également sur le recours à tel ou tel soin spécialisé. Par exemple, les personnes plus instruites s'adressent directement au gynécologue et au pédiatre sans qu'un problème de santé le nécessite : examen préventif, visite de contrôle, vaccinations… Au contraire, les personnes avec un faible niveau d'éducation questionnent plutôt le médecin généraliste, ou ne consultent pas du tout.

Des talents de communicateurs

L'enquête évaluait aussi l'expérience des bénéficiaires de soins avec le soignant (généraliste et spécialiste) : le médecin passe-t-il suffisamment de temps avec le patient ? Est-il ouvert aux questions et aux préoccupations de celui-ci ? Explique-t-il les choses de manière compréhensible ? Le patient est-il impliqué dans les décisions du médecin sur les soins et le traitement à recevoir ?

Sur presque 11.000 personnes sondées, 95% répondent positivement à chacune de ces questions. À l'échelle internationale, et en comparaison avec les chiffres obtenus dans d'autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en 2010- 2012, les scores belges sont en tête de classement pour trois questions sur quatre, le Luxembourg se positionnant comme champion dans l'implication du patient dans le traitement qui lui est proposé.

Les conclusions de l'enquête ISP ressemblent finalement à celles du sondage que réalisait l'Inami en 2013 à l'occasion de son 50e anniversaire, à savoir une satisfaction générale de la qualité des soins de santé et des informations fournies par les prestataires de soins. D'autres points restent toutefois lacunaires, tels les longs temps d'attente pour les spécialistes, l'information fournie par ceux-ci et le sentiment qu'ils passent trop peu de temps avec les patients. Une attention particulière devrait aussi être apportée à l'accessibilité pour les personnes moins scolarisées.

Le système des soins de santé semble bien fonctionner en Belgique. Du moins étais-ce le cas avant la 6e réforme de l'État. Sera-t-il toujours performant après le transfert de certaines compétences en matière de santé aux Communautés et aux Régions ? Réponse dans quelques années…

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