Médicaments

Antibiotiques : la pandémie a ralenti la consommation                 

En 2020, en plein confinement, l’utilisation d’antibiotiques a baissé quasiment de moitié en trois mois. Mais cette tendance s’est vite inversée, regrette la MC, étude à l’appui.          

2 min.
(c)AdobeStock
(c)AdobeStock
Julien Marteleur

Julien Marteleur

Deux raisons principales expliquent la baisse de la consommation d’antibiotiques au milieu de l’année 2020, analyse la MC : d'une part, la distanciation sociale a joué un rôle déterminant dans la limitation de la transmission du Covid-19, mais également des autres maladies. D’autre part, la pandémie a brutalement fait chuter le recours aux soins de santé et beaucoup de visites chez les médecins ont été reportées. Cependant, une fois que les règles ont été assouplies et que les contacts sociaux ont repris, la consommation d’antibiotiques est repartie à la hausse.
Chaque année, en Europe, 33.000 personnes décèdent d’une infection bactérienne non traitable. En cause, notamment : la consommation excessive d’antibiotiques. Les bactéries s’habituent à ceux-ci et parfois même deviennent immunisées contre leurs effets. Le recours à ce type de médicaments doit donc être limité.
Par le passé, des mesures ont été prises pour endiguer la prescription excessive d’antibiotiques. La ministre fédérale de la Santé Maggie De Block avait décidé, durant sa législature, de modifier la catégorie de remboursement de ces médicaments. Les coûts supportés par l’assurance soins de santé ont diminué mais la part supportée par les patients a augmenté. La mesure n’a pas eu les effets escomptés, les patients semblant résignés à payer plus les antibiotiques prescrits.
En analysant les données de ses membres, la MC estime que les dentistes doivent prendre leur part de responsabilité pour diminuer la surconsommation. L'étude montre que 2 des 10 antibiotiques les plus fréquemment prescrits par eux ne sont pas repris dans la liste des antibiotiques efficaces en dentisterie, dressée par le Centre fédéral d’expertise en soins de santé (KCE) en 2020. Il s’agit de la spiramycine et de la doxycycline qui, durant les années 80, étaient conseillées en cas d’allergie à la pénicilline. On sait depuis qu’il existe de meilleures alternatives sur le marché. Par ailleurs, les dentistes – comme les médecins – prescrivent encore trop souvent des antibiotiques à large spectre, qui ne doivent être prescrits que si une bactérie a déjà montré des signes de résistance. "Une formation régulière des médecins et dentistes sur l’emploi des antibiotiques est essentielle, indique Elisabeth Degryse, Vice-présidente de la MC. Les médicaments ne cessent d’évoluer, les règles de leur utilisation doivent faire de même."