Retour à Médicaments

Les biosimilaires, piste d'économie

© G. Houin BELPRESS © G. Houin BELPRESS

Réalisé par la Mutualité chrétienne, le Top 10 des médicaments consacre les antihypertenseurs à la place de champion. Il met aussi en évidence les immunosuppresseurs biologiques, dont le montant des remboursements pourrait être revu à la baisse. Des solutions moins coûteuses existent.


Une fois l'an, la Mutualité chrétienne (MC) analyse les quantités et les coûts des médicaments délivrés en officines à ses membres, soit 42% de la population belge. Sur la base de ces informations, la MC établit des classements des produits pharmaceutiques.

Depuis 2009, les médicaments destinés à maîtriser l'hypertension tiennent le haut du podium. La dernière enquête MC le confirme : plus d'un million de patients concernés, 585,6 millions de doses moyennes journalières, 136 millions d'euros de remboursements par l'Inami. Le dernier rapport santé de l’OCDE, Health at a glance, confirme d’ailleurs qu’en matière de consommation d’antihypertenseurs, la Belgique ne dénote pas par rapport aux pays voisins.

L'enquête de la MC indique aussi que le montant consacré au remboursement de certains médicaments repris dans le Top 10, notamment les immunosuppresseurs biologiques, est questionnant. En cause : le prix élevé de ces molécules. Rien que pour les 8.442 patients MC concernés, les remboursements Inami se chiffrent à 91,3 millions d’euros.

Réduire la note

Quelles pistes pour alléger le poids du remboursement de ces médicaments ? Selon la MC, leur prix sur le marché pourrait être revu à la baisse. Notamment parce que ces molécules sont prescrites et remboursées pour des indications plus larges que les maladies inflammatoires (maladie de Crohn ou polyarthrite rhumatoïde) pour lesquelles elles font des miracles, et parfois sans que la plus-value thérapeutique ne le justifie.

En outre, le brevet de certains immunosuppresseurs ayant expiré, leur copie, des biosimilaires, pourraient utilement les remplacer. Tout aussi efficaces et 20 à 34% moins chers, ils permettraient au budget soins de santé d'économiser une trentaine de millions d'euros par an sur les prescriptions à ses membres, estime la MC. Le monde hospitalier a déjà ouvert la porte à ces produits moins onéreux. À quand les officines ?, se questionne la Mutualité chrétienne.