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Cancer de la peau : combler le gouffre, vite !

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Un dépistage gratuit du cancer de la peau est organisé dans certains cabinets dermatologiques du 13 au 17 mai prochains. Objectif : inciter à consulter rapidement, dès les premiers symptômes. Et casser les ailes au déni – beaucoup trop fréquent – face à cette maladie.


Les dermatologues et les intervenants de santé ont beau danser sur leur tête, il y a un message qu’ils déplorent ne pas pouvoir imprimer suffisamment dans les esprits : il faut se protéger du soleil. À tout prix ! Selon les statistiques d’Euromelanoma, un réseau de dermatologues multipliant des actions bénévoles dans 33 pays en Europe, les Belges figurent parmi les cancres en la matière : 93% des gens, chez nous, savent pertinemment qu’une trop longue exposition au soleil peut être dangereuse, mais à peine 6% se protègent toute l’année. Un gouffre !

Le résultat de ce déni se résume par un ou deux chiffres édifiants publiés par la Fondation Registre du Cancer : entre 2004 et 2016, le nombre de cancers de la peau a augmenté en Belgique de 342%. Cela signifie que quelque 39 000 nouveaux patients y sont détectés chaque année, dont plus de 3 000 cas du redoutable mélanome. Or, alors que beaucoup de cancers de la peau sont guérissables s’ils sont détectés tôt, le besoin de réagir vite est encore plus impératif pour le mélanome : « la probabilité de décès augmente de 41% si on attend quatre mois avant de demander l’avis d’un médecin », précise Euromelanoma.

Cette année, pour sa campagne de sensibilisation annuelle, Euromelanoma met l’accent sur la dimension psychologique du problème : le déni et la procrastination. Ce type d’attitude se décline en trois phases : ne pas se protéger efficacement du soleil (1), attendre trop longtemps avant le rendez-vous médical (une personne sur deux patiente de trois à six mois) et, enfin, ne pas respecter le suivi médical lié au cancer. "Certains patients ne se rendent pas compte que le fait de nier les symptômes augmente justement le risque que ce qu’ils craignent le plus ne se réalise", commente Véronique del Marmol, présidente du réseau. Non sans appeler "les organisations du secteur des soins à étudier les causes du déni", elle ajoute que "se protéger du soleil doit devenir une deuxième nature, comme se brosser les dents". Chiche…


Pour en savoir plus ...

Plus d’infos et inscriptions : www.euromelanoma.org

L’accès au dépistage est réservé aux personnes qui ne s’y sont jamais rendues. Les places sont comptées…