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Cancer du sein : un dépistage sur mesure en fonction du risque

© Serge Manceau/Belpress © Serge Manceau/Belpress

Entre 50 à 69 ans, toutes les femmes sont invitées par les autorités à suivre tous les deux ans un examen du sein par mammographie. Le Centre Fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) estime inopportun de débuter ce dépistage systématique à l’âge de 40 ans. Par contre, il invite les autorités à déterminer la fréquence et la méthode de dépistage à suivre par les femmes exposées à un risque accru de cancer du sein et à définir précisément cette dernière notion.


La radiographie des seins – ou mammographie – est le seul examen approprié pour détecter un cancer du sein. Le dépistage par mammographie (appelé mammotest) est recommandé, tous les deux ans, aux femmes âgées entre 50 et 69 ans. Conçu conformément aux recommandations européennes, ce dépistage officiel organisé par la Communauté française s’effectue dans le respect de strictes exigences de qualité (1).

On constate pourtant que beaucoup de femmes de cette tranche d’âge se font dépister en dehors du programme officiel. Une échographie est alors très souvent ajoutée à la procédure diagnostique, sans que cela ne repose sur une évaluation appropriée des risques. L'échographie détecte pourtant peu de cancers du sein supplémentaires et est souvent à l’origine de faux positifs, entraînant une anxiété inutile et des examens supplémentaires tels que des biopsies et ponctions.

Par conséquent, confirmant ce que l’Agence intermutualiste répète inlassablement lors de ses rapports, le KCE recommande de ne pas associer systématiquement une échographie à la mammographie lors d’un dépistage du cancer du sein chez les femmes sans risque accru.

Qu’en est-il justement des risques accrus? La présence d’un cancer du sein dans la famille est le facteur de risque le plus important. En fonction notamment du lien de parenté avec les membres de la famille qui ont eu ce cancer, le risque sera accru de façon modérée, élevée ou très élevée. Les femmes ayant subi, plus jeunes, une radiothérapie du haut du corps (irradiation en mantelet) courent également un risque fortement accru. Les femmes à densité mammaire élevée, c’est-à-dire ayant un tissu glandulaire développé et peu de tissu adipeux, appartiennent à la catégorie de risque modérément accru.

Chez ces femmes, le risque doit être évalué individuellement, plaide le Centre fédéral d’expertise. Ensuite, la méthode de dépistage et sa fréquence doivent être déterminées en concertation avec le médecin. D'autres facteurs comme l'obésité, la consommation d'alcool, la prise de pilules, une première menstruation à un jeune âge, etc. augmentent le risque de cancer du sein mais d’une manière limitée. Pour ces femmes, le dépistage organisé suffit”, estime le KCE.

Par contre, les femmes ayant un risque accru de cancer du sein devraient être suivies annuellement dès leur jeune âge. Selon le risque, ce suivi devrait commencer à partir de 30 ou 40 ans, ou cinq ans avant l’âge du membre de la famille qui a souffert d’un cancer du sein. “Chez ces personnes, il convient d’envisager une mammographie, un IRM, une échographie (dans certains cas), ou encore une combinaison des trois, propose le KCE. Les décisions à ce sujet, ainsi que celle de subir ou non un test génétique, devraient être prises par des professionnels ayant une expérience et une formation suffisantes, en concertation avec le patient”.