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Les risques de burnout encore sous-estimés

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La Confédération des syndicats chrétiens (CSC) alerte sur le nombre croissant d'employés victimes de burnout. Elle appelle à une meilleure prise en compte des risques psychosociaux au travail.


Les chiffres ont triplé entre 2017 et 2020. La CSC se base sur les données de l'Inami qui, depuis 2017, enregistre en détail les motifs des incapacités de travail de longue durée. De 4.163 travailleurs en arrêt maladie depuis plus d'un an pour raison de stress ou de burnout, on est passé à 10.597 cas en juin 2020. Une augmentation qui ne tient même pas compte de ceux dont l'incapacité de travail dure moins d'un an.

Au passage, la CSC souligne que cela représente un coût important pour la sécurité sociale : une somme qu'elle estime équivalente à 155 millions d'euros pour l'année 2020 (sur base du montant moyen des indemnités, déclaré par l'Inami). Mais le plus interpellant, c'est ce que ces chiffres disent de la souffrance au travail et du peu d'attention dont elle bénéficie.

Dans le cadre d'une enquête menée par la CSC auprès de ses représentants syndicaux dans les entreprises, un travailleur du secteur de la chimie témoigne : "Notre employeur met en place des campagnes d'affichage et effectue des analyses de risques, mais la prévention est bien plus axée sur les normes de sécurité que sur les risques psychosociaux." En plus du stress et du burnout, d'autres problèmes devraient, selon le syndicat chrétien, être mieux pris en compte pour le bien-être des travailleurs. C'est notamment le cas du harcèlement.  "Dans mon entreprise, un supérieur hiérarchique a été accusé de comportement inapproprié par un collègue. C'est lui qui a dû changer de service tandis que le supérieur hiérarchique a conservé son poste", raconte un délégué.

L'organisation syndicale propose deux pistes pour mieux prendre en considération la problématique de l'épuisement professionnel. Premièrement, mesurer régulièrement la qualité de vie au travail dans les entreprises et planifier des actions concrètes pour faire face aux problèmes constatés. Deuxièmement, appliquer des sanctions financières aux entreprises qui enregistrent un nombre d'accidents du travail supérieur à la moyenne. Cet argent pourrait servir à financer, justement, la prévention des risques psychosociaux.

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