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Protéger la santé mentale des travailleurs

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Le monde professionnel a dû s'adapter pour faire face à la crise du Covid-19. Le plus important des services pour la prévention et la protection au travail, Idewe, s'est adjoint à la KULeuven pour mesurer l'impact de ces changements sur la santé mentale des travailleurs, à travers une série d'enquêtes.


De nombreux aménagements ont été mis en œuvre dans les entreprises depuis le début de la crise. Le principal est le télétravail : une solution que 70% des répondants se sont vus proposer et qu'ils ont presque tous adoptée (64%). 21% ont eu la possibilité de travailler depuis un bureau satellite et 6% l’ont fait. 44% ont eu droit à des congés pour compenser les heures supplémentaires prestées et 36% ont pu prendre des congés à l'heure (dans les deux cas, la moitié d'entre eux en ont effectivement profité). Enfin, il a été offert à 31% des répondants de bénéficier d’un règlement spécial leur permettant d’étaler leurs heures de travail sur la semaine, le mois ou l’année. 20% en ont fait usage. Au total, 77% des 5.963 travailleurs qui ont complété le questionnaire, soit plus des trois quarts de l'échantillon, ont eu recours à l'une ou l'autre de ces formules. 

Ces modifications dans l'organisation du travail sont globalement bien perçues. Toujours d'après le sondage réalisé par Idewe et la KULeuven, près de 70% des répondants s'estiment soutenus par leur employeur et près de 60% considèrent que leur situation personnelle et familiale est bien prise en compte. Cependant, la situation reste difficile à vivre pour une partie d'entre eux : 39% disent éprouver de l'anxiété ou un sentiment dépressif, en dépit du soutien de leur employeur. Ce chiffre monteà 55% parmi ceux qui estiment que la culture de leur entreprise est peu ou pas favorable à la famille et à l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Une ligne d'écoute pour les travailleurs

En ces temps de pandémie, un autre service de prévention et de protection au travail, le Cesi, a mis en place pour ses affiliés une palette de services visant à maintenir le bien-être au travail.

Au niveau collectif, le Cesi propose la mise en place de groupes de parole, en vue de susciter le partage d’émotions, souvent libérateur, et l’échange de bonnes pratiques entre collègues. Une formation à destination du personnel encadrant est également accessible, afin de donner aux responsables d’équipe des outils pour faire face à la situation. 

Sur le plan individuel, les entreprises affiliées au Cesi peuvent faire bénéficier leurs travailleurs d’une ligne téléphonique d’écoute et de conseil dédiée aux difficultés générées par le coronavirus dans la sphère professionnelle. Les appelants peuvent se confier de façon anonyme, en toute confidentialité. 

Le Cesi, en temps ordinaire, propose déjà une ligne d'écoute pour les travailleurs confrontés à des situations professionnelles difficiles ou traumatisantes (conflit, harcèlement, agression, dépendance à l'alcool ou à la drogue, décès sur le lieu de travail...). Compte tenu du contexte actuel, ce service a été élargi, dans le souci de protéger la santé mentale des travailleurs et de leur offrir un soutien très concret. 

Le but premier est de permettre aux travailleurs de décharger leurs émotions, de mettre des mots sur ce qu'ils ressentent. Mais c'est aussi l'occasion de chercher des moyens de faire face à la situation, de recevoir des conseils pour mieux gérer les difficultés rencontrées. Si nécessaire, ce premier contact peut être suivi d'un ou plusieurs (jusqu'à trois) entretien(s) avec un conseiller en prévention contre les risques psycho-sociaux ou avec un psychologue clinicien. 

Mais attention, pour les entreprises qui ne sont pas affiliées au Cesi, c'est à l'employeur qu'il revient d'activer ce service, via le site internet du Cesi, où se trouve un formulaire à compléter.

Comment bénéficier de ce service en tant que travailleur ?

Pour les travailleurs intéressés par cette ligne d'écoute et qui ne savent pas si leur entreprise bénéficie de ce service du Cesi, le plus simple est de s'informer auprès de leur employeur. Le département des ressources humaines, la personne de confiance ou le conseiller interne en prévention sont autant de ressources susceptibles de leur fournir cette information. Dans le cas où l'employeur n'est pas affilié, il faut alors qu'il entreprenne les démarches nécessaires pour faire bénéficier ses employés de ces services spécifiques. 

La ligne d'écoute est accessible du lundi au vendredi de 8h à 17h, en mentionnant qu'il s'agit d'un appel dans le cadre du Covid-19. En dehors de ces plages horaires, il est possible de laisser un message vocal envue d’être rappelé le jour ouvrable suivant.