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Le secteur psychosocial sur les rotules

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La santé mentale des travailleurs du secteur psychosocial n'est pas épargnée par la crise du Covid. Selon une étude de l'ULiège, un travailleur sur cinq hésite à changer de métier.


Si les conséquences de la crise sanitaire sur la santé mentale de la population sont connues (augmentation de burnout, dépressions, croissance des problèmes d'assuétude, etc.), celles sur la santé mentale des professionnels du secteur psychosocial le sont moins. Or, les psychologues, les assistants sociaux et éducateurs sont également en première ligne sur le front de la crise. Face à la détresse psychologique croissante de la population, ces professionnels sont largement sollicités.

Afin de visibiliser la situation des travailleurs du secteur psychosocial, la professeure de psychologie clinique de l'université de Liège, Fabienne Glowacz, et Isabelle Hansez, professeure de psychologie du travail, ont mené une enquête en ligne auprès des professionnels du secteur. "Entre février et mars 2021, ils sont près de 800 à avoir participé à l’étude. L’échantillon comprend 24 % de psychologues, 29 % d’assistants sociaux, 13 % d’ani-mateurs et 10 % d’éducateurs.Parmi eux, une majorité defemmes (80 %), ce qui est assez logique dans un secteur à prédominance féminine." (1) Il en ressort qu'un travailleur sur cinq hésite à changer de métier et 51% d'entre eux disent que la crise a eu un impact négatif sur leur bien-être. Selon Fabienne Glowacz, ces professionnels de l'aide aux personnes n'échappent pas à la montée d'anxiété et de dépression qui touche la population en général. Plus de patients, plus de travail... Résultat : "Les travailleurs sont découragés et démotivés."

Ces résultats font écho à une enquête menée l'année passée par la coordination des assuétudes de la Plateforme bruxelloise pour la santé mentale. L'objectif ? Identifier l'impact de la crise sur la santé mentale des travailleurs mais aussi le suivi de la prise en charge des bénéficiaires de ces services. (2) Le rapport se clôturait par des pistes de solutions : plus de temps de pause, renforcement du personnel, soutien psychologique notamment pour les éducateurs de rue, accessibilité des ressources pour appréhender et détecter les signes d'épuisement, soutien technique (formations, conférences, etc.) et matériel, mise à disposition d'une assistance aux familles (congés corona, aides à domicile, etc.).


(1) "Un travailleur du secteur psychosocialsur cinq hésite à changer de métier", Ch.Hutin, lesoir.be, mai 2021.

(2) "Santé mentale et assuétudes : impactdu Covid sur le bien-être des travailleurs",pro.guidesocial.be, novembre 2020.