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Réseaux sociaux : un danger pour les jeunes ?                                 

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L'utilisation qu'ont les ados des réseaux sociaux fait souvent l’objet de nombreuses inquiétudes. Le Centre de Référence en Santé Mentale (CRéSaM) avance une analyse plus nuancée et propose des pistes de réflexion. 


La plupart des adolescents possèdent un ou plusieurs comptes sur les réseaux sociaux tels qu’ Instagram, Snapchat, Tik Tok, etc. Si de nombreuses études pointent les dérives de leur utilisation, Pascal Minotte, chercheur et responsable de projets au CRéSaM, aborde les questions du bien-être, de l’anxiété, de la dépression, de l’image de soi, mais aussi des troubles comportementaux en les contextualisant sous différents prismes : l’évolution de la société et l’environnement des jeunes, les habitudes et différences culturelles, la question du genre, les spécificités psychologiques de l’adolescence, le temps passé devant les écrans, les cas cliniques, etc.
Ces nuances permettent de relativiser certaines théories alarmistes sur l’usage des réseaux sociaux par les nouvelles générations, sans pour autant en faire leur apologie. Car, comme le souligne ce rapport, les réseaux sociaux font partie intégrante de la vie des adolescents et sont devenus des outils au service de leur autonomisation (création de liens sociaux, expérience individuelle, utilisation actives de ces réseaux …), un processus de développement identitaire nécessaire pour chaque individu.
Si leur usage convient d’être mesuré selon divers facteurs, d’autres recommandations et pistes de réflexions sont émises dans les dernières pages du rapport. Exemple : utiliser les médias sociaux comme ressources et outils pour lancer des dynamiques participatives avec les adolescents concernés par des difficultés de santé mentale, encourager le travail de médiation entre les recherches statistiques et les expériences cliniques ou encore soutenir l’éducation aux médias plutôt que la métaphore du toxique. Le chercheur pointe finalement une attention particulière à la question des inégalités de genre "qui trouvent dans les médias, nouveaux et anciens, des lieux d'expression. Il s'agit en priorité de veiller à ce que les projets développés autour de l'éducation aux médias ne les véhiculent pas eux-mêmes. Il s'agit également de promouvoir un regard critique et de la solidarité entre pairs pour lutter contre ces stéréotypes et leurs effets."