Retour à Avantages sociaux et aides aux familles

Faire des économies en soins de santé

© BELPRESS © BELPRESS

Les soins de santé peuvent peser lourdement dans le budget du ménage. Des mesures protègent les personnes aux revenus faibles et modestes. Mais nous pouvons aussi diminuer nos frais de santé en opérant de bons choix qui n’altèrent en rien la qualité des soins reçus. Tour d’horizon en dix points.


1. Consulter de préférence un médecin généraliste avant de s’adresser à un spécialiste ou de recourir au service des urgences hospitalières

Recourir à la médecine spécialisée (et aux urgences hospitalières) n’est pas toujours nécessaire et approprié. Le cas échéant, le médecin généraliste est le mieux placé pour orienter un patient vers un spécialiste. D’autres conseils de bon sens peuvent éviter certaines dépenses : mesurer si le problème de santé nécessite le recours au service de garde de médecine générale ou peut attendre ; se rendre si possible à la consultation du médecin généraliste au lieu de le faire venir à domicile ; éviter de consulter plusieurs médecins en cas de maladie bénigne...

2. S’assurer que le prestataire de soins est conventionné

Chaque année, les mutualités et les représentants des prestataires de soins concluent des conventions fixant les montants des honoraires officiels et les remboursements. Les prestataires qui adhèrent à la convention s’engagent à respecter ces tarifs. Dans certaines spécialités médicales (dentisterie, dermatologie...), de nombreux médecins ne sont pas conventionnés ou le sont partiellement, c’est-à-dire qu’ils appliquent les tarifs officiels uniquement durant certaines plages horaires et/ou dans certains lieux (à l’hôpital et pas dans leur cabinet privé, par exemple).

Avant de choisir un médecin, un dentiste, un kinésithérapeute..., il est préférable de se renseigner sur son statut, en consultant l’application disponible dans la rubrique self-service sur www.mc.be ou en s’adressant à son conseiller mutualiste.

Il est important de pouvoir parler "argent" avec son médecin dans le respect et la confiance : lui demander s’il est conventionné ou combien coûtera tel traitement ou telle intervention chirurgicale.

3. Confier son dossier médical à son généraliste

Tout patient peut demander à son médecin traitant de gérer son dossier médical global (DMG) (et celui de ses enfants). Ce dossier n’apporte que des avantages : une vision large du médecin sur la santé du patient et l’adaptation des traitements. Le patient évite aussi des examens inutiles et réalise de substantielles économies. En effet, outre le fait que l’honoraire annuel lié à la tenue du DMG est entièrement remboursé, une réduction de 30% sur la quote-part personnelle (ticket modérateur) est appliquée pour les consultations chez tout médecin généraliste ayant accès au DMG du patient. Pour toute personne malade chronique ou âgée de 75 ans ou plus, cette réduction s’applique aussi lors des visites à domicile.

En outre, le supplément de permanence de 4 euros que peut facturer un généraliste lors des consultations effectuées entre 18 et 21h est entièrement remboursé s’il est inscrit auprès d’un service de garde organisé. Et la première consultation annuelle chez certains médecins spécialistes, lorsqu’elle est prescrite par un médecin traitant par le biais d’une lettre et d’un formulaire de renvoi, sera moins chère. L’économie est de 5 euros. Elle est de 2 euros pour les bénéficiaires de l’intervention majorée (voir ci-dessous).

Pour bénéficier du remboursement plus élevé, il faut transmettre le formulaire de renvoi complété et les attestations de soins donnés du généraliste et du spécialiste à sa mutualité. Les personnes qui ont droit au tiers payant doivent demander au spécialiste de ne pas l’appliquer.

4. S’inscrire dans une maison médicale

Une maison médicale est composée d'une équipe pluridisciplinaire qui dispense des soins de première ligne dans un quartier bien déterminé. Le patient inscrit dans une maison médicale ne doit rien débourser pour les soins dispensés par le médecin généraliste, le kinésithérapeute, l’infirmière (hormis les actes techniques). En contrepartie, il s’engage à consulter uniquement les prestataires de la maison médicale pour ces trois types de prestations.

5. Demander les médicaments moins chers

Les médicaments sont vendus à des prix très différents pour une même indication. Les médicaments génériques sont toujours moins chers et apportent les mêmes garanties de qualité et d’efficacité que les médicaments originaux. Ils peuvent parfois réduire de moitié la facture ! La rubrique self-service sur www.mc.be propose un moteur de recherche qui détermine, pour chaque principe actif, les spécialités qui appartiennent au groupe des médicaments "les moins chers".

Au moment de la prescription d’un médicament, il convient de demander à son médecin – s’il ne le fait pas de lui-même – de privilégier les alternatives moins chères. Il indiquera alors soit le nom du générique, soit le nom de la molécule (DCI). Dans ce second cas, c’est le pharmacien qui proposera l’alternative la plus avantageuse. En outre, le pharmacien est obligé de délivrer une alternative moins chère en cas de prescription d’un antibiotique ou d’un antimycosique, sauf contre-indication stipulée par le médecin.

Pour les médicaments en vente libre, il est recommandé de demander à son pharmacien de délivrer une spécialité moins chère s’il en existe une. Il est aussi conseillé d’opter pour certaines préparations magistrales peu coûteuses réalisées par le pharmacien. Un dernier conseil : ne pas acheter des médicaments qu’on ne consommera peut-être pas, éviter la surconsommation de médicaments en se faisant du bien autrement…

6. Garder un œil attentif sur son assurance complémentaire MC

Outre les remboursements effectués via l’assurance soins de santé obligatoire, la MC offre de nombreux avantages et services à même de réduire les dépenses. Elle intervient dans la logopédie, l’optique, les médecines non conventionnelles, les soins des enfants, la vaccination, la diététique, les consultations psychologiques, la garde d'enfants malades, l’assistance médicale à l’étranger, etc. Sans oublier bien entendu Hospi solidaire – qui permet d’envisager une hospitalisation en chambre commune ou à deux lits en toute sérénité – et Dento solidaire qui intervient dans l'orthodontie et les prothèses.

Tous les avantages sont expliqués sur www.mc.be et dans le dépliant "Avantages et services" disponible dans les points de contact de la MC.

7. Comparer les coûts des hôpitaux

Lors d’une admission dans une unité de soins urgents ou de soins intensifs, des suppléments d’honoraires ne peuvent pas être facturés au patient. Mais lors d’une opération planifiée ou en prévision d’un accouchement, il est vivement recommandé de comparer les prix pratiqués entre les hôpitaux : pour un même type d’intervention et de chambre, les prix peuvent varier très fortement. Ainsi, par exemple, pour un accouchement, la facture peut varier de 813 à 3.171 euros en chambre particulière (données MC 2015).

Via l’application "Comparer les tarifs des hôpitaux" sur www.mc.be (rubrique self-service), il est possible de comparer les tarifs pratiqués entre quatre hôpitaux de son choix et de faire une simulation des frais de séjour au moyen du module de calcul relatif à la "déclaration d’admission" à l'hôpital.

8. A l’hôpital, opter pour une chambre commune ou à deux lits

Lors de la signature de la déclaration d’admission, il faut être vigilant : le choix de la chambre a des conséquences importantes sur le montant de la facture.

En chambre commune ou à deux lits, les suppléments de chambre et d’honoraires sont désormais interdits, tant en hospitalisation classique qu’en hospitalisation de jour. En choisissant de séjourner en chambre particulière, le patient s’expose à une facture très élevée. En effet, outre un supplément de chambre, l'hôpital peut facturer des suppléments d’honoraires (souvent le double des tarifs officiels mais parfois beaucoup plus) pour les prestataires de soins, qu’ils soient conventionnés ou pas.

Dès la réception de sa facture, il faut introduire une demande d’intervention auprès de sa mutualité pour bénéficier d'Hospi solidaire. En cas de doute sur les montants facturés, l’affilié peut se renseigner auprès de son conseiller mutualiste. Le cas échéant, le service “Défense des membres” interviendra.

9. Rendre visite régulièrement à son dentiste

Que l’on ait de "bonnes" ou de "mauvaises" dents, il est recommandé de se rendre chez son dentiste au moins une fois par an. Le "trajet de soins buccaux" prévoit d'ailleurs un remboursement moins élevé des soins dentaires pour les adultes qui n'ont pas consulté le dentiste au moins une fois l'année précédente. Pour les enfants (jusqu'à leur 18e anniversaire), à l’exception de l’orthodontie, tous les soins dentaires sont gratuits chez le dentiste qui applique les tarifs de la convention.

10. D’autres conseils encore...

Pour réduire ses frais de santé, il est aussi recommandé d’adopter une série de comportements préventifs. Cela commence par un mode de vie le plus sain possible : alimentation équilibrée, activité physique régulière, consommation modérée d’alcool, abstinence tabagique... Il n’est pas question ici de donner des leçons de bonne conduite mais de réfléchir chacun à la manière d’envisager de réduire ses frais de santé, en fonction de sa situation familiale et financière, et de la gravité ou de la chronicité de ses problèmes de santé.

Pour en savoir plus ...

Plus d’infos auprès des conseillers mutualistes. Le service social de la MC est à votre disposition pour vous accompagner dans vos démarches.

Des droits méconnus

Les personnes fragilisées sur le plan financier peuvent bénéficier de mesures qui leur permettent d’alléger leurs dépenses de santé. Ainsi, l’intervention majorée donne le droit à un remboursement plus élevé en assurance soins de santé, ainsi que divers avantages (tiers payant social lors de la consultation chez le généraliste, réductions sur les transports en commun...).

Ce statut est accordé aux personnes bénéficiant du revenu d’intégration, de la Grapa, d’une allocation de handicapé, aux personnes dont l’enfant bénéficie d’allocations familiales majorées, aux orphelins et aux mineurs étrangers non accompagnés. Peuvent aussi obtenir ce statut, après enquête sur leurs revenus, les veufs, invalides, pensionnés, certaines catégories de chômeurs, les personnes handicapées, les familles monoparentales…

Autre mesure de protection, le Maf (maximum à facturer) garantit à chaque ménage que ses dépenses en soins de santé ne dépasseront pas un certain montant annuel, fixé en fonction du statut et des revenus annuels du ménage. Cette mesure, automatique, ne nécessite aucune démarche particulière.

Enfin, diverses interventions financières sont octroyées aux patients dans des situations spécifiques : forfaits de soins, frais de déplacement lors de traitements, sevrage tabagique, trajets de soins en cas de diabète ou d'insuffisance rénale...

Service social

Les Centres de Service social de la Mutualité chrétienne sont à votre disposition pour toute question sociale. Appelez gratuitement le 0800 10 9 8 7 ou surfez sur www.mc.be pour connaître les horaires de la permanence proche de chez vous.