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Reconstruction mammaire : factures sous contrôle

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Dorénavant, la patiente qui opte pour une chambre double ou commune dans un hôpital ayant signé une convention avec l’Inami sera protégée contre la facturation de suppléments d’honoraires en chirurgie esthétique.


Chaque année, près de 1.500 femmes subissent une reconstruction mammaire autologue (c’est-à-dire réalisée à l’aide de tissus prélevés sur une autre partie de leur corps – lire ci-dessous). Cette intervention, bien que complètement remboursée par l'assurance soins de santé obligatoire, pouvait donner lieu à de lourdes factures en raison d’importants suppléments d'honoraires portés en compte en chirurgie esthétique.

L'an dernier, mutualités et représentants des chirurgiens plasticiens et des hôpitaux ont conclu un accord pour remédier à cette situation. Cet accord revalorise les honoraires médicaux, limite les suppléments et garantit davantage de soins de qualité. Les 62 hôpitaux du pays qui disposent d’une clinique du sein et pratiquent des reconstructions mammaires sont invités à y adhérer mais ils restent libres de le faire.

Au 1er janvier 2017, 8 hôpitaux en Wallonie et en Région bruxelloise ont signé la convention par laquelle ils s'engagent à respecter un certain nombre de dispositions prévues dans cet accord (voir ci-après). Cette liste est toutefois appelée à s'étoffer (1). Qu'en est-il concrètement pour la patiente ?

Dans les hôpitaux conventionnés

En chambre double ou commune : la reconstruction mammaire est entièrement remboursée par l’assurance soins de santé obligatoire. Aucun supplément de chambre ni d’honoraires ou autre (par exemple prestation esthétique) ne peut être facturé à la patiente.

En chambre individuelle : des suppléments d'honoraires de maximum 100% peuvent être portés en compte à la patiente. En pratique, pour la totalité de la reconstruction mammaire, ces suppléments sont limités à 3.088,44 euros pour un seul sein et à 4.693,06 euros pour les deux seins. Le chirurgien plasticien ne peut facturer aucun autre supplément (comme des suppléments esthétiques, par exemple). Les autres médecins (comme l'anesthésiste) peuvent demander des suppléments d'honoraires dans la limite de ceux indiqués dans la déclaration d'admission (2).

Dans les autres hôpitaux

En chambre double ou commune : en principe aucun supplément ne peut être réclamé à la patiente. On déplore toutefois régulièrement des tentatives de contourner cette interdiction par le biais de suppléments dits esthétiques (souvent illégaux).

En chambre individuelle : le pourcentage maximal de 100 % d'honoraires n’est pas d’application. C’est le pourcentage maximal en vigueur dans l’hôpital (souvent plus élevé) qui peut être appliqué.

En conclusion, pour limiter la facture hospitalière, il est conseillé à la patiente d'opter pour une chambre double ou une chambre commune dans un hôpital ayant signé la convention avec l'Inami.


Deux techniques de reconstruction

Une reconstruction du sein peut contribuer à rendre confiance en soi, et facilite le retour à une vie aussi normale que possible, comme l'indique la Fondation Contre le cancer dans son guide gratuit de conseils de beauté en cas de cancer (1). L’opération a généralement lieu six à douze mois après l’ablation partielle ou totale du sein, bien qu’il soit possible d’attendre plusieurs années. Il est en tout cas indispensable que la chimiothérapie et la radiothérapie soient terminées, et que le cancer ne soit plus actif. Dans certains cas, la reconstruction a lieu en même temps que l’ablation initiale.

Deux techniques de reconstruction existent. La première, consiste à poser une prothèse remplie de gel de silicone sous la peau ou sous le muscle pectoral. Il s’agit d’une intervention simple, sans cicatrices supplémentaires. Le sein ainsi reconstruit est un peu plus ferme au toucher qu’un sein naturel, et la présence d’un corps étranger induit un risque d’infection.

Dans la seconde forme de reconstruction – dite autologue et qui se déroule en trois phases, on prélève du tissu cutané et adipeux dans le dos, le ventre ou les fesses de la patiente et on le transplante, avec son système vasculaire, dans la poitrine. Cette méthode donne généralement les meilleurs résultats d’un point de vue esthétique ; le sein est plus naturel au toucher et le risque de complications tardives est faible.