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Agir pour l'accessibilité              

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Le 16 septembre dernier, dans le cadre de la Semaine de la mobilité, le Collectif accessibilité Wallonie Bruxelles (CAWaB) a lancé la plateforme "Agir pour l’accessibilité". L'outil veut offrir aux citoyens des pistes pour signaler des problèmes d’accessibilité dans les transports, les bâtiments ouverts au public ou encore les voiries et, surtout, les transmettre au bon destinataire.


Une volée de marches rendant inaccessible l'entrée d'un bâtiment en fauteuil roulant, une gare ou station de métro inadaptée aux personnes en situation de handicap mental… Mais aussi une trottinette abandonnée sur le trottoir qui gêne le passage d'une poussette, ou encore un pavé déchaussé sur la voirie qui met en danger l'intégrité physique d'une personne âgée… les problèmes d'accessibilité ne sont pas limités aux personnes en situation de handicap ou mal-voyantes. Si, en Belgique, on considère que 12 à 15% de la population souffre d'un handicap, un tiers des Belges se trouve à un moment ou l'autre en situation de mobilité réduite : femme enceinte, parents avec poussette, ou simple quidam avec la jambe dans le plâtre, etc.
Avec cette nouvelle plateforme, le CAWaB offre la possibilité aux Bruxellois et aux Wallons de signaler efficacement un problème d'accessibilité. Entendez par là : la possibilité d'adresser son grief aux personnes compétentes. Car c'est loin d'être une mince affaire actuellement. "Notre plateforme est le fruit d'un constat qui ne date pas d'hier : en Belgique, il est très compliqué de savoir comment et à qui adresser ce type de signalement, déplore Mathieu Angelo, le directeur du CAWaB. Quel interlocuteur interpeller ? Quel formulaire remplir ? De plus, chez nous, rien dans la réglementation n'impose l’amélioration de l'accessibilité, qu'il s'agisse d'un bâtiment, d'une voie publique, ou encore d'un mode de transport… 'Agir pour l'accessibilité' permet à tout le monde – et en particulier aux personnes handicapées – d'être informé sur l'existence des outils et des procédures pour signaler ce type de problème."

La bonne personne, au bon endroit
Depuis son lancement, la plateforme a enregistré plus de 170 signalements. Le CAWaB ne les recueille ni ne les traite pas directement (1). Concrètement, "Agir pour l'accessibilité" agit comme une forme d'annuaire : la personne qui signale un problème d'accessibilité sur la plateforme se voit dirigée vers un ou plusieurs formulaires de contact accessibles, ce qui lui permet ensuite d’interpeller l'opérateur de transport, l'administration, le responsable des infrastructures…directement concerné. Afin de rendre cette plateforme accessible pour tous, les contenus sont traduits en langue des signes (LSFB) et en Facile à Lire et à Comprendre (FALC), une version simplifiée qui permet d'être comprise par les personnes déficientes intellectuelles. Il est également possible, pour les personnes malentendantes qui le désirent, de signaler un problème d’accessibilité en LSFB.
Altéo, mouvement de personnes malades, valides et handicapées de la MC, est une des 21 associations qui font partie du CAWaB. Elle applaudit la mise en place de la plateforme. "Nous recevions de nombreuses plaintes, justifiées, mais pour la plupart individuelles. Or, Altéo a une vocation d'action collective, souligne Patrick Verhaegen, son responsable national. Nous nous sentions assez démunis, car si nous ne pouvions pas tourner le dos à ces plaintes, nous ne disposions pas pour autant de la capacité d'action individuelle qu'elles auraient nécessité." "Sur les réseaux sociaux, les gens se plaignent parfois, photos à l'appui, de problèmes d'accessibilité qu'ils rencontrent au quotidien. C'est compréhensible, mais il s'agit avant tout d'un exutoire pour ces personnes, poursuit Mathieu Angelo. Nous voulons employer l'aspect militant de ce type d'appels à l'aide et le rediriger correctement vers ceux qui doivent les entendre et peuvent y répondre." Car signaler un problème d'accessibilité via le bon canal va aussi permettre, insiste le collectif, de sensibiliser les responsables aux besoins réels des citoyens et de les confronter aux réalités de terrain. Trop souvent, ils ne sont pas au courant des difficultés rencontrées par les personnes à mobilité réduite car elles ne leur sont pas efficacement communiquées.