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Bouffées d'air pour les personnes handicapées ?

La crise du coronavirus vient surligner les difficultés que les parents d’enfants porteurs de handicap vivent au quotidien (c)Istock. La crise du coronavirus vient surligner les difficultés que les parents d’enfants porteurs de handicap vivent au quotidien (c)Istock.

D'un côté des parents épuisés, au bord de l'explosion, après deux mois et demi de confinement avec leur enfant handicapé. De l'autre, des familles qui n'ont pu ni visiter ni reprendre à la maison le temps d'un week-end leur proche hébergé en service résidentiel. Retrouvailles en vue, sous conditions…


Mi-mars. Confrontées à une crise sanitaire inédite, des familles se trouvent face à un choix cornélien. Soit se confiner à la maison avec leur enfant handicapé (parfois majeur) et couper celui-ci de ses activités habituelles qui lui permettent de progresser ou de maintenir ses acquis. Soit confier leur proche à l'équipe du service ré sidentiel qui l'accueille habituellement – où les activités sont mises en suspens – sans pouvoir le revoir… Comme de très nombreux parents, Pascaline et Jacques (prénoms d'emprunt) ont pris la première option… L'enthousiasme des débuts a progressivement laissé la place à l'épuisement et à la détresse tant la prise en charge de leur fille, jeune adulte polyhandicapée, s'avère lourde et le contexte particulièrement difficile à vivre. "Je n'imaginais pas que le confinement allait durer si longtemps", témoigne Pascaline, au bout du rouleau. La famille a fini par faire appel à la Parent’aise, un service de répit mis en place il y a plusieurs années déjà par le service d'Aides & soins à domicile (ASD) du Brabant wallon. Pour souffler quelques heures par semaine, en attendant que le retour en institution soit autorisé…
"Beaucoup de parents ressentaient déjà cet isolement, cette impression d’oubli de la société. Comme si eux et leurs enfants différents n’existaient pas. La crise du coronavirus vient cruel lement surligner les difficultés que les parents d’enfants porteurs de handicap vivaient déjà au quotidien", alerte le Gamp, Groupe d’action qui dénonce le manque de places pour personnes handicapées de grande dépendance. Celui-ci a lancé sur les réseaux sociaux une campagne inti tulée "Je craque". Des photos de parents et personnes handicapées portant un masque déchiré sont largement partagées.

En Wallonie et à Bruxelles, les pouvoirs publics ont entendu l'appel lancé par les associations et professionnels du secteur. Les retours en famille et/ou en service résidentiel tout comme des visites seront désormais possibles, sous certaines conditions, pour les personnes en situation de handicap. Le dépistage du personnel et des résidents de ces établissements laisse apparaître qu’ils ont majoritairement été épargnés par le virus. Altéo, mouvement social de personnes malades, valides et handicapées, se réjouit de ces perspectives positives. Plusieurs associations de personnes handicapées avaient d’ailleurs communiqué aux autorités la détresse des familles afin qu’on ne les oublie pas. Altéo demande aux services d’analyser chaque situation au cas par cas afin que les personnes handicapées et leur famille puissent se retrouver ou que celles qui le souhaitent puissent retourner dans le service qu’elles fréquentaient. 

Altéo demande aux services d’analyser chaque situation au cas par cas afin que les personnes handicapées et leur famille puissent se retrouver ou que celles qui le souhaitent puissent retourner dans le service qu’elles fréquentaient.