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Sortir l’endométriose du silence

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Règles abondantes et douloureuses, cycles irréguliers, douleurs lors des rapports sexuels, contractions, nausées, vomissements… sont quelques-uns des symptômes de l’endométriose, une maladie méconnue d’une partie du monde médical et du grand public. Coup de projecteur sur cette maladie chronique qui touche environ une femme sur dix en âge de procréer.


L’endométriose est provoquée par la désagrégation de l’endomètre, le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus et qui s’élimine tous les mois au moment des règles. En cas d’endométriose, des cellules de l’endomètre migrent, de manière inexpliquée (1), hors de l’utérus et génèrent des lésions ou des kystes entre et sur d’autres organes. Ces cellules colonisent principalement les organes génitaux (vagin, ovaires, trompes…) mais elles peuvent aussi se greffer aux appareils urinaire, digestif voire, dans de cas plus rares, pulmonaire.

Variété des symptômes

L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique qui se présente sous des formes très variables d’une femme à l’autre. Sa manifestation la plus courante est la douleur : durant les règles, lors des rapports sexuels, douleurs pelviennes, lombaires et abdominales, etc. Il s’agit très souvent d’une douleur invalidante entraînant une incapacité partielle ou totale à réaliser des activités quotidiennes pendant plusieurs jours. En outre, certaines femmes éprouvent aussi des troubles urinaires et du transit.

L’enjeu du diagnostic

L’endométriose est une maladie complexe et évolutive. Elle se développe progressivement, sous de multiples formes. En outre, dans un premier temps, elle peut être peu symptomatique et s’accompagner de douleurs modérées, ce qui en retarde le diagnostic. Actuellement, le délai moyen entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic s’élève d’ailleurs à 7 ans, une période extrêmement longue au cours de laquelle la maladie peut causer des dommages importants à plusieurs organes et avoir des conséquences négatives sur la vie sociale, familiale et professionnelle des femmes concernées.

Pour preuve, 30 à 40% des fem­mes atteintes d’endométriose connaissent des problèmes de fertilité, en raison de la colonisation des ovaires par des cellules de l’endomètre et de la formation de kystes empêchant la fécondation. Accélérer la détection de l’endométriose constitue donc un enjeu déterminant, d’autant plus qu’une prise en charge adéquate et personnalisée des patientes permet de freiner son évolution.

Les recommandations des médecins spécialistes de l’endométriose sont unanimes : quand les symptômes se manifestent et que la douleur devient invalidante, il faut consulter un gynécologue, ou un médecin généraliste dans un premier temps.

Des traitements personnalisés

Actuellement, il n’existe pas de traitement pour guérir les femmes atteintes d’endométriose. Seuls des traitements permettant d’atténuer les douleurs peuvent leur être administrés. Il s’agit soit d’un traitement hormonal (pour les patientes sans désir d’enfant), soit d’anti-inflammatoires. En cas de résistance à ces traitements, le recours aux médecines alternatives est envisageable (acupuncture, physiothérapie, ostéopathie, méditation, hypnose…). Mais, dans les cas les plus sévères, les interventions chirurgicales constituent la seule façon de limiter l’expansion de la maladie, ce qui n’est pas sans risque. Retirer les lésions entourant les organes touchés peut endommager les organes reproducteurs et provoquer une infertilité. En outre, les cas de récidive ne sont pas rares, obligeant les patientes à subir des opérations successives et coûteuses.


Trouver du soutien

Créée en 2013, l’association Endométriose Belgique est née de l'initiative de quelques personnes confrontées elles-mêmes à la maladie. Les missions de cette asbl consistent à faire connaître l'endométriose, contribuer à l’avancée de la recherche, optimaliser la prise en charge des patientes et proposer des solutions alternatives aux moyens radicaux (opérations chirurgicales) mis en œuvre pour soulager les douleurs dues à la maladie. Les membres d’Endométriose Belgique informent les patientes par la diffusion d’articles, via un groupe privé sur Facebook et par e-mail. Elles sensibilisent également l’entourage des patientes et le grand public lors de divers évènements.

 Plus d’infos : www.mc.be/endometriose-belgique

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