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"Covid long" : les malades dans la détresse

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On estime qu’au moins 10% des personnes atteintes de Covid-19 présentent des symptômes qui ne disparaissent pas au cours des mois suivants. Pour les associations de patients, la reconnaissance du "Covid long" est nécessaire pour permettre, notamment, de déplafonner certains remboursements de soins.


Fatigue, troubles cognitifs et digestifs, douleurs migrantes, variation du rythme cardiaque, problèmes respiratoires, migraines mais aussi anxiété et dépression : ces symptômes font partie du quotidien des malades atteints de la forme dite longue du Covid-19. Les personnes développant un Covid long semblent être majoritairement des femmes, dont l'âge médian est de 45 ans. "Au moment de contracter la maladie, leurs symptômes étaient généralement légers à modérés"note la docteure Tatiana Besse-Hammer, cheffe de clinique au CHU Brugmann. Entre octobre 2020 et juillet 2021, 180 patients ont été admis en consultation "post-Covid" dans son unité. Dans chacun des cas, les séquelles de la maladie se remarquaient plus de huit semaines après la guérison initiale et "confirmaient une atteinte cyclique de plusieurs organes qui s'aggravait dans le temps (Covid long) ou lors d'un effort physique ou intellectuel (Covid persistant)", précise Tatiana Besse-Hammer. 

"Cela dure depuis 17 mois pour certains", pointe dans un communiqué l'association "Covid long, nous existons - Belgique". De longs mois durant lesquels nombre de ces patients et patientes n'ont pas pu pour suivre une activité professionnelle normale, ce qui a engendré des problèmes financiers parfois importants, alors que le remboursement de certains soins comme la kinésithérapie de revalidation pulmonaire, par exemple, est limité.

Pourtant, le 16 mars dernier, une proposition de résolution pour la reconnaissance des patients souffrant de symptômes du Covid-19 de longue durée était présentée à la Chambre. Le texte recommandait notamment d'examiner au sein de l'Inami si les coûts liés au Covid de longue durée pouvaient être intégrés dans le maximum à facturer aux patients et de veiller à l'accessibilité de l'offre de rééducation pour ces patients. Le document demandait aussi au gouvernement de réaliser, en collaboration avec l'Institut de Santé publique Sciensano, une évaluation statistique des patients atteints de formes persistantes de Covid-19. Mais depuis lors, "rien ne semble bouger", déplore l'association. "Le mois de septembre est crucial dans l'élaboration du budget des soins de santé. Les patients demandent donc avec insistance aux ministres de la Santé de tout mettre en œuvre pour ces victimes du virus", conclut Anne-Sophie Spiette, porte-parole de l'association en Belgique francophone.

Pour en savoir plus ...

>> Plus d’infos sur la page Facebook de l’association "Covid long nous existons - Belgique".