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Les raisons insoupçonnées des anti-vax bruxellois

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25 jeunes des quartiers populaires bruxellois ont été entendus par Renaud Maes, rédacteur en chef de La Revue Nouvelle. Objectif : comprendre les raisons profondes de leur refus de se faire vacciner contre le Covid-19.


Qu'est-ce qui démotive certains jeunes bruxellois à se faire vacciner contre le Covid-19 ? Est-ce à cause des infos sur les soi-disant effets magnétiques du vaccin qui circulent sur Tik-Tok ? Le manque de recul que nous avons sur les effets du vaccin ? Lors d'une modeste étude, Renaud Maes, sociologue et rédacteur en chef de La Revue Nouvelle, a recontacté des jeunes qu'il avait déjà rencontrés lors d'une précédente enquête. Ce qui ressort immédiatement, selon le sociologue, c'est "la défiance de ces jeunes vis-à-vis des médecins, avec des expériences assez douloureuses qui reviennent. Par exemple, des témoignages d’un oncle qui s’est fait arrêter à la sortie de l’hôpital parce qu’il n’était pas en règle au niveau des papiers, ce genre de choses." Le deuxième élément interpellant est "une espèce de nihilisme" dans leur discours : 'Même si je suis malade, même si je meurs, ce n’est pas grave. Finalement, pourquoi je ferais l’effort de me vacciner, de toute façon, je ne compte pas, en fait'."

Les gens ont également peur que la vaccination affiche le fait de ne plus être en règle avec leur mutualité et que cela leur occasionne des soucis. Renaud Maes pointe également le problème du report de soins, très fréquent auprès de ce public. "Ils ont peur aussi que, du coup, en étant face à un professionnel de santé, ils se sentent soudain soit jugés, soit forcés à résoudre tous leurs problèmes de santé, qui peuvent être parfois assez sérieux..." La peur du jugement et l'estime de soi sont en jeu, résume le sociologue.

Si le nombre de 25 personnes interviewées est limité, l'étude révèle néanmoins des freins et obstacles que rencontrent beaucoup de personnes dans des situations de précarité. Comprendre ces raisons profondes éviterait les raccourcis et permettrait d'adopter une politique de communication et d'action en phase avec la réalité de ces citoyens et citoyennes et de regagner leur confiance.