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 Bruxelles Pollution de l'air : le chaud et le froid

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Entre juin et décembre 2019, les émissions provenant des voitures belges en circulation dans la Région ont diminué de 4,7% pour les oxydes d'azote et de 6,4% pour certaines particules. © iStock
Entre juin et décembre 2019, les émissions provenant des voitures belges en circulation dans la Région ont diminué de 4,7% pour les oxydes d'azote et de 6,4% pour certaines particules.

À Bruxelles comme ailleurs, la lutte en faveur d'un air de meilleure qualité est une alchimie subtile. Où citoyens et pouvoirs publics, tour à tour, collaborent, se chamaillent, rivalisent…


La transformation de la Région bruxelloise en zone de basses émissions de polluants atmosphériques, le 1er janvier 2018, semble donner des résultats encourageants en matière de qualité de l'air. Entre juin et décembre 2018, les émissions provenant des voitures belges en circulation dans la Région ont diminué de 4,7% pour les oxydes d'azote et de 6,4% pour certaines particules (les PM2,5). Bruxelles Environnement préfère rester prudent quant à la relation de cause à effet, mais relève tout de même que 149 véhicules en infraction (trop polluants) ont été relevés chaque jour entre juillet et septembre par les 200 caméras automatiques affectées à ce travail. Or dès que l'amende a été réclamée à leur conducteur (à partir d'octobre – 350 euros…), le nombre de véhicules en infraction a chuté.

Ce n'est qu'un début puisque, les normes se renforçant d'année en année, le nombre de véhicules considérés comme trop polluants passera de 2.300 véhicules en 2018 à 65.000 en 2020. "Cela obligera les pouvoirs publics à renforcer (…) les alternatives proposées par la Région", relève Bruxelles Environnement. Exemple type: la prime Bruxell'Air, qui intervient financièrement dans la souscription à certains abonnements (Stib, Cambio) en remplacement de la voiture.

 De leur côté, le groupe "Chercheurs d'air" a continué à distribuer ses capteurs "citoyens" de mesure  des particules PM2,5 et PM10 dans la Région. Après trois mois, leurs résultats préliminaires montrent qu'il semble possible d'améliorer la connaissance des polluants fournie par les stations officielles de mesure (passées récemment de cinq à douze). Ils ont par exemple noté que les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de PM2,5 ont été dépassées au moins une fois en 21 endroits. Ils ont également mis en évidence de fortes disparités de concentration de PM d'une zone à l'autre. De quoi faire rebondir la polémique sur la densité et l'efficacité du réseau officiel de mesures à Bru­xelles.