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Des polluants interdits dans le corps des Wallons     

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La première campagne de biosurveillance en Wallonie a été présentée par l’Institut scientifique de service public (ISSeP). Les analyses de sang et d’urine de près d'un millier de Wallons montrent une présence de plomb, de pesticides et de polluants organiques persistants, malgré des interdictions datant parfois d’il y a 40 ans.              


En tout, 828 Wallons (dont 261 adultes de 20 à 39 ans, 283 adolescents de 12 à 19 ans et 284 nouveau-nés) se sont portés volontaires pour mesurer leurs niveaux d’imprégnation à une cinquantaine de substances chimiques. Résultats : des traces d’insecticides, parfois anciennes (jusqu'à 40 ans) se retrouvent dans le corps de neuf Wallons sur dix. Et 23% des adolescents ont du glyphosate (pesticide industriel fréquemment utilisé dans l'agriculture) dans le sang. "C’est très interpellant, réagit Céline Tellier, ministre wallonne de l'environnement, dans un communiqué. On doit pouvoir aider les agriculteurs à ce niveau-là. Ce qui m’a frappé, c’est de voir à quel point le lobby des pesticides est présent chez nos agriculteurs. Chaque semaine, dans chaque ferme en Wallonie, il y a un représentant des pesticides qui vient à la fois conseiller et vendre ce type de produits."
Autre constat alarmant : le Wallon a trop de plomb dans le sang. Les valeurs de référence d’exposition du plomb sanguin, déterminées pour les nouveau-nés et les adultes en Wallonie "sont supérieures aux valeurs de risque sanitaire établies par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)(l)", souligne le rapport de la campagne. Toutefois, certains résultats sont encourageants : les bisphénols - composés interdits dans les contenants alimentaires en plastique - sont présents dans "des concentrations inférieures à celles rapportées dans des études de 2007 et 2017."
D’autres analyses vont être réalisées pour comparer le type d’environnement des participants (urbain, agricole…) et leurs habitudes de vie. L’objectif est de mobiliser entre 50 et 100 personnes volontaires par site (adolescents si possible ou jeunes adultes). Cette nouvelle phase, qui devrait démarrer en décembre, complètera cette photographie inédite de la population wallonne avec des catégories de substances supplémentaires.