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Amazon en guerre contre les syndicats

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La liberté de représentation des travailleurs et travailleuses chez Amazon est menacée. Selon un rapport d’Amnesty international, le leader de l’e-commerce américain ne respecterait pas les droits fondamentaux du travail.


Avec ses 175.000 personnes engagées pour ces fêtes de fin d’année, Amazon, le géant américain de l’e-commerce, compte près d’un milliond’employés. En plus de Noël, le Black Friday rend la période d’autant plus chargée pour ces travailleurs et travailleuses. C’est dans ce contexte particulier qu’Amnesty International sort un rapport interpellant (1) sur les pratiques peu louables de l’entreprise en termes de droits du travail en France, en Pologne, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Surveillance, syndicats menacés et contrôlés... L’association dénonce notamment qu’ "elle (Amazon) a non seulement identifié l’existence des syndicats comme un facteur de 'risque' dans ses rapports annuels de 2018 et 2019, mais a aussi conseillé à ses managers dans une vidéo de formation en 2018 de repérer les signes avant-coureurs d’une activité syndicale."

La santé et la sécurité des employés semblent également mises à mal, selon le rapport. Aux États-Unis, des membres du personnel ont été licenciés pour s’être exprimés sur les conditions de santé et de sécurité durant la pandémie. Des représentants du syndicat britannique GMB ont été menacés d’injonctions à propos d’une "violation de propriété" quand ces derniers ont voulu recruter des nouveaux membres sur le site d’Amazon. Même type d’intimidation, en Pologne, quand des mesures disciplinaires ont été prises envers des membres du syndicat Workers’ Initiative pour avoir recruté des membres durant les heures de travail. Dans cette chasse aux syndicats, les chercheurs d’Amnesty font état de pratiques de surveillance ciblée sur les réseaux sociaux, notamment : "Vice News a publié des documents internes qui mon-trent qu’Amazon a surveillé et analysé secrètement les groupes privés sur Facebook des chauffeurs d’Amazon Flex, y compris dans le but de repérer des projets de grève ou de manifestation." L’association demande donc à l’entreprise de respecter le droit du travail international et cesser toutes pratiques qui l’entrave.


(1) (1) "Amazon, let worker unionize - Res-pect for workers’ rights is not a choice",Amnesty International, novembre 2020