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Des cadeaux pas comme les autres

par Mathieu Stassart, Estelle Toscanucci -

Et si on ne léchait pas les vitrines cette année ? Des voix s’élèvent contre la frénésie commerciale.
© Istockphoto Et si on ne léchait pas les vitrines cette année ? Des voix s’élèvent contre la frénésie commerciale.
© Istockphoto

Décembre frappera bientôt à nos portes. S'il apporte avec lui les frimas de l'hiver, ce mois est aussi associé à de nombreuses réjouissances. Des moments conviviaux, souvent agrémentés de petits et grands présents. Et si on ne léchait pas les vitrines cette année ? Réflexions autour du cadeau, sa valeur, sa signification. Présentation de quelques formules alternatives et inspirantes.


La valeur symbolique du cadeau a été mise en lumière par de nombreux anthropologues. S'offrir des présents peut être analysé comme une manière de créer ou de consolider les liens qui unissent des membres d'une même famille, des amis, des collègues…

En cette période de fête, les incitations à la consommation se font plus nombreuses. Les vitrines attirent le chaland à grand renfort d'illuminations. Les réclames deviennent fréquentes, plus insistantes. La publicité et la pression sociale renforcent les comportements d'achat. Çà et là, pourtant, des voix s'élèvent contre cette frénésie consumériste.

Adieu, disent certains, aux jouets périssables fabriqués en Chine, dont la durée de vie ne dépassera pas quelques mois. Adieu, expriment d'autres, aux cadeaux qui, faute de vraiment plaire à leurs destinataires, n'ont de réelle valeur que leur prix.

Parmi ces citoyens désenchantés par la tournure commerciale qu'ont pris les fêtes de fin d'année, les raisons invoquées sont multiples. Pour les uns, la démarche écologique prime. Il s'agit avant tout, en réduisant la consommation à outrance, de réduire leur empreinte écologique.

C'est le cas des tenants du "zéro déchet", illustrés par Béa Johnson, une adepte de la cause devenue célèbre (1). Cette française exilée aux États-Unis s'inscrit depuis quelques années dans une démarche de réduction drastique de ses déchets.

Sur son blog, elle raconte son expérience et distille de nombreux conseils pour la vie quotidienne. Noël n'échappe pas à la règle. Dans sa famille, ils choisissent dé sormais de se faire des "cadeaux d'expérience" : offrir une activité, passer du temps ensemble, etc. Leur devise : une vie centrée sur l'être et non plus sur l'avoir.

De plus en plus nombreux sont ceux qui prônent une consommation responsable et éthique. Derrière les jouets fabriqués dans les pays du Sud se cachent en effet des réalités sociales peu reluisantes : obligés de prester durant de longues heures, pour des salaires insignifiants, les travailleurs y sont de surcroit exposés à des produits chimiques mettant leur santé en péril.

La période des fêtes est propice à l'interrogation de nos propres comportements. Sans pour autant les boycotter, si l'on osait, cette année, réfléchir au sens que nous désirons insuffler à ces moments de réjouissance ?


Un certificat d'exemption de cadeau

La formule, originaire du Canada, prend le contrepied de la démarche habituelle. Ici, la personne susceptible de recevoir un cadeau remet un certificat à ses proches.

Dessus, elle indique ne pas souhaiter de cadeau de leur part – au sens d'un objet – et leur suggère plutôt de piocher dans une des activités de son choix : une balade dans la nature, un repas partagé, une séance de jeu de société, etc.

Les propositions varient à l'infini et s'accommoderont de toutes les envies. Chacun peut à loisir confectionner un certificat personnalisé et faire parler sa créativité.


Des cadeaux solidaires et internationaux

Franchir le pas de la solidarité, et pourquoi pas ? De nombreuses ONG proposent la formule du cadeau solidaire. L'acheteur verse un montant et reçoit une carte de voeux symbolique représentant le cadeau choisi : une poule, une boîte de médicaments, un âne, des cahiers scolaires…

Tant de choses utiles pour donner un coup de pouce aux moins lotis. Comme Oxfam ou d'autres, Memisa Belgique fait partie des ONG qui proposent cette formule. Elle lutte pour un accès aux soins de santés pour toutes et tous, avec deux priorités: réduire la mortalité maternelle et infantile dans les pays comme le Congo, le Bénin, le Burundi, l'Inde… Un exemple parmi de nombreux autres.


Noël au théâtre

Durant les fêtes, les amoureux des planches trouveront leur bonheur dans de nombreux lieux culturels et théâtres. Selon l'endroit, les spectateurs pourront combiner le spectacle avec un repas de réveillon. Les plus jeunes ne sont pas oubliés. Avec Noël au théâtre, une quarantaine de spectacles jeune public tournent en Wallonie et à Bruxelles.

Le Festival Noël au Théâtre, organisé par la CTEJ (la Chambre des théâtres pour l’enfance et la jeunesse), se déroule du 26 au 30 décembre dans neuf lieux partenaires au coeur de Bruxelles.

Tandis que le "grand Noël au théâtre" voient les compagnies de théâtre jeune public voyager de Louvain-La Neuve à Namur, en passant par Dinant et Stavelot.


Créer des ponts, en musique

Il y a quelques mois, l’asbl Muziekpublique a réuni une vingtaine de musiciens dont le point commun est d’avoir récemment connu la migration. Virtuoses venus de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan ou du Tibet, ils font entendre leurs mélodies à défaut de faire entendre leur voix. Certains ont régularisé leur situation, d’autres sont toujours dans l’attente d’un avenir plus sûr.

Avec le CD Amerli, Refugees for refugees, Muziekpublique a voulu mettre en valeur ceux dont le talent est le principal bagage. Des notes comme des morceaux de vie, de voyage, d’exil, de rencontre et de tradition. Cet album est destiné tant à valoriser les musiciens qui y participent qu’à favoriser les activités artistiques d’autres réfugiés en Belgique.

Dans cette optique, une partie des bénéfices de la vente de cet album ira aux associations Globe Aroma et Synergie 14 pour soutenir leurs activités de terrain.


Un livre pour être ensemble

Qu’est-ce qui rend heureux ? Les Danois – considérés par différentes études de l’ONU comme le peuple le plus heureux au monde – semblent avoir une réponse particulière à cette délicate question. Ils pratiquent le Hygge (prononcez hou-ga).

Ce terme, qui peut sembler barbare, exprime la sensation qu'on éprouve quand on a trouvé un refuge après une journée froide et bien remplie. Un moment de détente qui est devenu un art de vivre au pays de la petite sirène, des smørrebrød (petits pains généreusement garnis) et de l’aquavit (eau de vie parfumée).

Et pour être bien, il ne faut pas être couverts de cadeaux, il faut être ensemble. Un repas simple en famille, un verre entre amis dans un bar chaleureux, une soirée gâteau-pyjama-chaussettes en couple, à la lueur d’une bougie… il n’en faut pas plus pour aimer la vie. Pas seulement heureux, aussi généreux.

Quelques recettes de bien-être sont partagées via un ouvrage tout récent signé Meik Wiking, président de l’Institut de recherche sur le bonheur à Copenhague. "Le petit livre du Hygge, mieux vivre la méthode danoise" invite à découvrir les grands principes de cette philosophie et donne quelques idées pour l’intégrer au quotidien.