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Promenons-nous au Labo du bois…

© Photos Jardin Botanique © Photos Jardin Botanique

En suivant les flèches "Houtlab", au détour d'un chemin, on se retrouve nez à nez avec un gigantesque tronc d'arbre de 10 mètres de long, couché, qui cache une maison basse. Et tout à côté, le disque majestueux d'un séquoia géant invite à se prendre en photo devant cette nature monumentale ! Au Jardin botanique de Meise, le Labo du bois rend un bel hommage aux arbres.


En pénétrant dans le bâtiment qui abrite le tout nouveau Labo du bois, un parfum enivrant saisit le promeneur. L'exposition permanente est conçue en deux parties : au rez-de-chaussée, une présentation de la forêt et des explications sur l'importance des arbres pour l'environnement ainsi que le "Wonder wood wall" qui permet d'observer plus de 50 essences de bois. Un escalier architectural en hêtre mène au 1er étage pour découvrir la partie la plus pédagogique du musée.

Il fait feu de tout bois

Quelques chiffres pour commencer… Bien que la forêt n'occupe que 31% de la surface terrestre, elle produit 82% de la biomasse (1) végétale de la terre, composée à 98% de bois et d'écorce. C'est une importante source d'énergie renouvelable à condition que l'exploitation se fasse de manière durable et que la consommation n'excède pas la production. Un petit film explique également le rôle essentiel de la forêt dans la lutte contre le réchauffement climatique. Grâce à la photosynthèse (2), les forêts emmagasinent plus de dioxyde de carbone (CO2) que n'importe quel autre écosystème ; une raison majeure pour lutter contre la déforestation.

Des structures didactiques illustrent la comparaison entre matériaux de construction. Le béton et l'acier nécessitent beaucoup d'énergie pour leur fabrication et entraînent des émissions de CO2. À l'inverse, un arbre mature a déjà extrait tellement de CO2 de l'atmosphère pour assurer sa croissance que, même utilisé comme matériau de construction (transporté, scié, etc.), il entraîne globalement une réduction du CO2 dans l'atmosphère ! Un exemple : pour produire une boule de 40 kg en bois massif de pin sylvestre, l'arbre a absorbé environ 70 kg de CO2 de l'atmosphère.

Touchons du bois !

Le mur du fond attire ensuite le regard… Des tiroirs du sol au plafond sont empilés un peu à la façon "tetris". Le spectacle de toutes les nu­ances de teintes du bois impressionne. Plus d'une cinquantaine d'essences commerciales sont présentées. En ouvrant les tiroirs, nos autres sens s'éveillent : on touche des bûches brutes ou des objets du quotidien, on respire les effluves des différentes variétés, on salive en imaginant le gout sucré et caramélisé du sirop d'érable qui provient de la sève de l'arbre à sucre. La musique n'est pas en reste puisqu'une foule d'instruments sont fabriqués en bois.

On pourrait passer des heures à lire les anecdotes. L'exposition permet aussi de comprendre les usages adéquats des différents types de bois. Le frêne est dur, solide et élastique, ce qui le rend tout à fait adapté à la fabrication de manches d'outils. L'eucalyptus, quant à lui, est la principale source de fibres pour l'industrie papetière. Les cure-dents sont souvent en tilleul car c'est un bois souple et de texture fine. Le bois de hêtre sert à la fabrication de planches à découper pour la cuisine grâce à ses propriétés antibactériennes.

Ce merveilleux mur en bois invite également à voyager dans le temps : le séquoia vivait en Europe avant la dernière glaciation ; le teck était déjà planté à la fin du 17e siècle au Sri Lanka ; les hêtres de la forêt de Soignes ont été plantés sous le Régime autrichien au 18e siècle… Deux écrans tactiles permettent d'en apprendre davantage sur chaque essence. On y apprend, par exemple, que huit bois résineux (douglas, épicéa, if…) sont présentés alors qu'il y a une cinquantaine de bois feuillus (bouleau, chêne, châtaigner…).

Quelle tête de bois

La visite se poursuit à l'étage pour mieux comprendre le cycle de vie d'un arbre. Les cernes de croissance des rondins racontent des histoires : l'âge de l'arbre bien sûr mais aussi les catastrophes auxquelles il a dû faire face (incendie, attaque d'insectes) ou encore la manière dont il a poussé (sol incliné, rapproché ou éloigné d'autres congénères). En soulevant deux bûches de bois d'origine tropicale, on réalise que le bois d'okan est un des plus lourds au monde tandis que le balsa est l'essence la plus légère. Le parcours se termine par les maladies qui attaquent les espèces tandis qu'un film raconte la vie d'un chêne vieux de 500 ans…


Pour en savoir plus ...

Plus d'infos : Le Labo du bois, Nieuwelaan 38, 1860 Meise • 02/260.09.70 • compris dans le prix d'entrée du Jardin botanique : 7 EUR (1 EUR pour les 6-17 ans) • plantentuinmeise.be