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Elections sociales : voter en entreprise

Télétravail, chômage temporaire, campagne limitée sur le lieu de travail : les circonstances liées à la crise sanitaire font de la participation des travailleurs un enjeu majeur de ces élections sociales.(c)Belpress Télétravail, chômage temporaire, campagne limitée sur le lieu de travail : les circonstances liées à la crise sanitaire font de la participation des travailleurs un enjeu majeur de ces élections sociales.(c)Belpress

Du 16 au 29 novembre, près de deux millions de travailleurs salariés sont appelés à choisir les collègues syndiqués qui les représenteront, ces quatre prochaines années, dans les organes consultatifs de leur entreprise ou organisation. La crise sanitaire ne facilite pas l'exercice de la démocratie sociale. Mais elle illustre l'importance d’un bon dialogue social.


En Belgique, dans plus de 6.000 entreprises du secteur privé marchand et non-marchand, ouvriers, employés et cadres sont invités, tous les quatre ans, à choisir celles et ceux qui seront leurs porte-paroles dans leur entreprise au sein du comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) et/ou du conseil d'entreprise (CE). Institués dans les entreprises comptant au moins 50 travailleurs, les CPPT ont pour mission d'assurer le bien-être de tous sur le lieu de travail et de permettre à chacun de travailler en toute sécurité, sans mettre sa santé en danger. Mis en place dans les entreprises d'au moins 100 travailleurs, les CE reçoivent des informations économiques et financières, exercent des contrôles, donnent des avis (conditions de travail, politiques de l'emploi…) et prennent des décisions en matière sociale (règlement de travail, congés annuels…). Ces deux organes paritaires se composent d’autant de représentants de l’employeur que de représentants des travailleurs. Les premiers sont désignés par la direction. Les seconds sont élus sur la base de listes de candidats, déposées par les syndicats présents dans l’entreprise ou l’organisation. Pour la première fois, et sous certaines conditions, les travailleurs intérimaires bénéficient du droit de vote dans l'entreprise où ils travaillent effectivement.
L'enjeu de la participation
 
Initialement programmées en mai dernier, les élections sociales ont été reportées à cause de l'épidémie de Covid-19. La deuxième vague n’a pas engendré de nouveau report général mais elle a forcé les interlocuteurs sociaux à privilégier le vote électronique ou par correspondance. "Dans le contexte très particulier que nous connaissons, l'enjeu majeur de ces élections sera le taux de participation des travailleurs", commentait Pierre Blaise, Secrétaire général du Crisp, dans une récente émission consacrée aux élections sociales sur Radio Panik.
Les trois organisations syndicales (CSC, FGTB et CGSLB) seront aussi attentives aux résultats locaux qui, à l'échelle nationale ou régionale, témoignent de leurs audiences respectives parmi les travailleurs salariés (1).
"Ces élections sont plus importantes que jamais, martèle Marc Leemans, Président de la CSC. Travailler en toute sécurité, con clure des accords pour les collaborateurs placés en quarantaine, trouver des solutions pour les parents con frontés à des problèmes de garde pour leurs enfants… Ces derniers mois, nos délégués ont tout mis en oeuvre pour résoudre les problèmes et répondre à un maximum de questions. Il est important que les travailleurs participent massivement aux élections sociales". Pierre Blaise ne le contredira pas : "Des études montrent que les entreprises dans lesquelles la con certation sociale fonctionne bien se portent aussi mieux en termes économiques".
 

(1) En 2016, la CSC a remporté presque 52% des voix. La FGTB suivait avec un peu moins de 36% des voix et la CGSLB fermait la marche avec un peu plus de 12 % des voix.

"Des études montrent que les entreprises dans lesquelles la concertation sociale fonctionne bien, se portent aussi mieux en termes économiques". Pierre Blaise, secrétaire général du Crisp