Vie professionnelle

"Stop à la loi qui bloque les salaires"

C'est l'une des revendications-clés scandées par les quelque 70 à 80.000 personnes venues manifester dans les rues de Bruxelles le lundi 20 juin dernier à l'appel des syndicats, pour une amélioration du pouvoir d'achat.  

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Manifestation pour le pouvoir d'achat (c) Belpress
Manifestation pour le pouvoir d'achat (c) Belpress
Joelle Delvaux

Joelle Delvaux

Le logement, le chauffage, la nourriture, le carburant... Les prix explosent et rendent le coût de la vie de plus en plus cher. Certes, des mesures temporaires ont été prises pour réduire l'impact de la hausse des prix de l'énergie chez les consommateurs et protéger les catégories sociales les plus vulnérables. Certes encore, l'indexation automatique des allocations sociales et des salaires a le mérite d'exister. Mais le groupe d'économistes chargés par le gouvernement fédéral de lui proposer des remèdes en matière de pouvoir d'achat a d'ores et déjà pointé les failles et limites de ce mécanisme qui laisse d'ailleurs de côté bon nombre de travailleurs du secteur privé. 

"Le problème est que les revenus n’augmentent pas à la même vitesse que les prix, les hausses de salaires étant fortement limitées par la loi de 1996 sur la compétitivité des entreprises. Depuis sa réforme en 2017, cette loi cadenasse les augmentations salariales hors index, dénonce-t-on à la CSC. Pour les années 2021-2022, le gouvernement De Croo a fixé l'augmentation des salaires à 0,4% maximum. Ce pourcentage ne laisse aucune marge pour des négociations libres sur des salaires décents. Même dans les grandes entreprises internationales qui engrangent des bénéfices colossaux, la loi nous empêche de négocier plus". 

Il y a quelques mois, la CSC, la FGTB et la CGSLB avaient lancé une pétition pour demander aux responsables politiques de modifier cette loi sur les normes salariales, de rendre aux syndicats la liberté de négociation collective et de protéger l'indexation automatique des salaires. Près de 88.000 personnes ont signé cette pétition... et presque autant ont participé à la manifestation du 20 juin pour appuyer ces revendications. Le débat concernant la loi de 1996 sera entamé au Parlement le 29 juin. Aux yeux du Premier ministre, l'indexation automatique et la loi de 1996 sont les deux faces d'une même médaille. "C'est un bon système si on conserve l'équilibre. La compétitivité d'aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat de demain", a-t-il souligné récemment. Les syndicats seront-ils entendus ? L'automne risque d'être particulièrement chaud sur le plan social.