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15 % d'enfants souffrent de pauvreté en Belgique

par Léopold Darcheville et Catherine Daloze -

© Jean-François Dupuis-Belpress © Jean-François Dupuis-Belpress

La Fondation Roi Baudouin vient de publier un rapport alarmant. Plusieurs critères ont été passés au crible pour évaluer le degré de privation des enfants en Belgique. Les conclusions révèlent une situation alarmante.


L'enfant peut-il participer à des excursions ou des fê tes scolaires ? Vit-il dans un logement correctement chauffé ? Invite-t-il parfois des amis à la maison ? Mange-t-il des fruits et des légumes chaque jour ? … L'étude publiée par la Fondation passe ainsi en revue 17 questions pour évaluer la "déprivation" des enfants. Si au moins trois items sont manquants, l'enfant est considéré comme "déprivé": ses besoins essentiels ne sont pas couverts.

Ils sont en moyenne 15% à souffrir de pauvreté en Belgique, un pourcentage similaire à la France mais plus élevé que chez nos autres voisins. Avec des disparités régionales importantes : "la Flandre se positionne parmi les plus performants, comme les quatre pays nordiques, la Slovénie et la Suisse", révèle l'étude. Bruxelles, comme nombre de grandes villes, occupe une "position extrême", avec à la fois une grande pauvreté monétaire (revenu du ménage dans lequel vit l'enfant) et une sévérité de la privation des enfants. La Wallonie occupe une "position intermédiaire" à l'échelle de l'Europe. Mais 22 % des enfants y sont tout de même privés d'au moins trois items (29% à Bruxelles).

Un autre élément interpelle les chercheurs : en Belgique, vivre avec des parents sans emploi induirait pour l'enfant une haute probabilité de souffrir de pauvreté. Et ce, davantage qu'ailleurs en Europe. Les auteurs expliquent cette particularité dans notre pays, par le fait que "les allocations de chômage minimales ou le revenu d'intégration sociale ne permettent pas aux bénéficiaires de se hisser audessus du seuil de pauvreté". Logiquement, ils recommandent alors pour lutter contre la pauvreté infantile, d'agir sur le terrain de la protection financière des ménages et sur le marché du travail. "Réformes sociales et fiscales doivent voir le jour", insistent-ils. Des réformes à penser en combinaison avec une offre élargie dans l'accueil des jeunes enfants, dans les logements à prix réduits, etc.

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