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Portrait de citoyens aux racines africaines

© Philippe Turpin - BELPRESS © Philippe Turpin - BELPRESS

La Fondation Roi Baudouin s'est intéressée aux Belgo-Congolais, Belgo-Rwandais et Belgo-Burundais. Elle a demandé à des chercheurs de l'UCL, de l'ULG et de la VUB d'étudier comment ces personnes se définissent sur une série de réalités : identité, logement, emploi…. Le résultat est une enquête inédite qui pointe de nombreuses discriminations, malgré une longue histoire partagée.


Les Belgo-Congolais, Belgo-Rwandais et Belgo-Burundais forment le 3e groupe le plus important de populations issues de l'immigration hors Union européenne. Pourtant, ces citoyens sont peu présents dans le débat public et paraissent mal connus au sein de la société. Les chercheurs des trois universités partenaires ont interrogé 805 personnes en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Malgré les spécificités propres à chacun des groupes cibles, des résultats généraux sont apparus. Ils mettent le doigt sur une série de discriminations dont sont encore victimes ces populations.

Par exemple, 60 % des Afro-descendants sont diplômés de l'enseignement supérieur mais ils sont quatre fois plus au chômage que le Belge moyen.

Autre phénomène interpellant celui du déclassement. Plus de la moitié des personnes interrogées occupent un emploi en-dessous de leur niveau d'é tudes. Les discriminations à l'embauche en sont une cause, mais il faut aussi pointer, pour certains, la non-reconnaissance en Belgique du niveau des diplômes acquis dans le pays d'origine. Les personnes interrogées ont également souligné les fréquentes difficultés éprouvées lors de la recherche d'un logement. Par ailleurs, près de 80 % des répondants disent avoir subi des inégalités de traitement et/ou des insultes raciales. Celles-ci sont présentes dès l'enfance, notamment dans les interactions au sein des établissements scolaires. Ce vécu se répercute sur le sentiment de se sentir "chez soi" en Belgique. 61 % des Afrodescendants se sentent belges et 86 % estiment être perçu comme des étran gers (un sentiment qui touche moins les personnes issues de la 2e génération). Pourtant, l'enquête montre que les Belgo-Congolais, Belgo-Rwandais et Belgo-Burundais s'inscrivent dans un processus d'installation durable en Belgique. Des résultats de l'enquête, la Fondation Roi Baudouin conclut qu'avec leur haut niveau d'éducation et leur double culture, les jeunes Afro-descendants offrent un potentiel humain et socio-économique particulièrement important dans le contexte actuel de mondialisation. Elle estime qu'il s'agit là d'autant d'éléments sur lesquels capitaliser pour davantage de reconnaissance et d'inclusion dans la société.

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