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Spiritualité : où en sont les Belges ?

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Dans notre monde en mutation, qu’est-il advenu de la spiritualité ? Comment les femmes et les hommes vivent-ils les questions de sens ? Le magazine L’Appel et le professeur Olivier Servais ont réalisé un grand sondage auprès des Belges francophones. Résultat : la plupart des adultes se posent des questions existentielles. Mais ce ne sont plus les grandes religions qui les aident à y voir clair.


Pour près de trois quarts des 650 francophones sondés, le sens de la vie occupe une place importante dans leurs réflexions et ce, quel que soit leur genre, leur âge ou leur niveau d’enseignement. Les principales questions qu’ils se posent ? La vie après la mort, l’identité (qui suis-je ?), la place de l’Homme dans le monde et l’avenir de l’humanité. Cette quête spirituelle émerge dans des contextes précis. Les répondants citent en premier lieu le décès ou la maladie d’un proche, ensuite - et par ordre décroissant d’importance - un drame sociétal, la naissance d’un enfant, une catastrophe écologique, une séparation, une réorientation professionnelle.

La crise sanitaire actuelle peut certainement être considérée comme une de ces occasions. Mais, souligne Olivier Servais, professeur à l’UCLouvain et spécialiste de la sociologie des religions, "il est trop tôt pour mener une étude concernant les répercussions de cet événement sur la spiritualité. Les évolutions dans ce domaine sont généralement lentes. L’incertitude doit d’abord se stabiliser."

Le sondage s’est aussi intéressé aux valeurs. L’amour arrive en tout premier lieu et la liberté suit, sauf chez les moins de 25 ans, pour lesquels cet ordre est inversé. Suivent la justice, la fraternité, et en cinquième lieu, la foi religieuse. "L’amour a toujours été en tête des sondages depuis qu'on a commencé à en faire, dans les années 70, précise Olivier Servais. Mais ce que ce mot recouvre a pu évoluer en cinquante ans.

Quant à ce qui leur paraît le plus important dans leur vie, les répondants francophones affichent une certaine ambivalence : "vivre en harmonie avec soi-même" et "être au service des autres" arrivent en tête (94 et 90%), talonnés par "être à l'écoute de son corps et de ses besoins" et "s'ouvrir et se relier aux autres" (85 et 80%). Même observation pour les raisons qui poussent à s'engager dans une recherche spirituelle : "pour trouver la paix intérieure" côtoie "œuvrer à un monde meilleur", l'un pouvant sans doute renforcer l'autre et réciproquement. 

La spiritualité est essentiellement vécue à travers des temps de silence, la prière et la méditation, mais pour certains, elle passe aussi par le contact avec la nature, la lecture, ou des gestes comme allumer une bougie. Olivier Servais souligne cependant : "Avec la fermeture des lieux de culte durant la crise sanitaire, la spiritualité a dû se vivre de façon plus solitaire ces derniers mois."


Les résultats complets du sondage peuvent être obtenus au prix de deux euros.
Tél. : 04/341.10.04 • magazine-appel.be