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Le secteur associatif, fragile et fragilisé

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Globalement, en Belgique, les associations sont moins pessimistes quant à leurs finances qu'il y a deux ans. Mais beaucoup fonctionnent avec des réserves (très) limitées. Les subsides publics – de plus en plus souvent liés à des projets – représentent de loin la principale source de revenus, même si la part des rentrées commerciales augmente pour une partie des associations. C’est ce qui ressort du 8e baromètre des associations réalisé à la demande de la Fondation Roi Baudouin.


Près de 110.000 associations et fondations sont actives en Belgique. À la demande de la Fondation Roi Baudouin (FRB), Ipsos et Idea Consult ont analysé la santé financière du secteur associatif sur la base des données de la Banque nationale et de l’ONSS (chiffres 2017), ainsi que sur 700 enquêtes et interviews.

Premier résultat : quatre associations sur cinq estiment que leur situation financière est restée stable ou s’est améliorée au cours des douze derniers mois. Mais 12% connaissent des problèmes financiers importants. Et ce sont surtout les associations actives dans les secteurs du social et de la santé qui redoutent une détérioration de leur situation financière dans l'année. La situation est nettement plus critique à Bruxelles et en Wallonie qu'en Flandre : moins de 50% des associations disposent d'un (petit) matelas financier (contre 79% au nord du pays). La taille de l'association est aussi déterminante : seules 57% des petites organisations disposent de réserves contre 83% des très grandes organisations. Deuxième constat : les subsides publics restent la principale source de revenus des associations : 82% en bénéficient. Ils représentent en moyenne 58% des revenus totaux des organisations subsidiées. Mais ces subsides ne représentent plus une source de financement aussi sûre qu'autre-fois. D'une part, les budgets disponibles n'augmentent pas, sont morcelés. D'autre part, il est devenu plus difficile d’obtenir un financement structurel, les pouvoirs publics octroyant de plus en plus de subsides liés à des projets. "Ces subsides incitent les associations à faire preuve d’innovation mais les projets sont moins durables. En outre, les associations risquent de s’écarter de leur mission sociale pour entrer dans le cadre des pouvoirs subsidiants. Cela peut représenter un danger pour leur indépendance et la diversité du secteur", indique la FRB qui constate qu'un peu moins d'un tiers des associations complètent les aides publiques par des activités génératrices de revenus, comme la vente de biens ou de services. 

Enfin, l'étude pointe les lourdes incertitudes et inquiétudes qui planent sur le secteur associatif. La moitié des associations disent ne pas être suffisam-ment informées sur la vaste réforme du droit des sociétés et des associations et de ses conséquences.

Pour en savoir plus ...

Zoom baromètre des associations 2018 • FRB • À lire sur www.kbs-frb.be